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Jean Luc Romero : « Les gay pride permettent aussi de lutter contre le SIDA »

Interview – 27.03.2007

Alors que le Congrès prépare un rapport sur «  la liberté d’expression et d’assemblée pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels », Jean-Luc Roméro, conseiller régional d’Ile-de-France, rappelle aux élus locaux que les manifestations de type « gay pride », loin de menacer l’ordre public, renforcent au contraire la cohésion sociale et les droits de tous les individus.

Question : Vous êtes connu, en France, pour vos combats contre l’homophobie et contre les discriminations à l’encontre des personnes séropositives ou atteintes du SIDA. Dans certains pays européens, des manifestations de gays et de lesbiennes, comme les « gay pride », ont été réprimées, voire interdites. Que vous inspire cette situation ?

Jean-Luc Roméro : Je suis choqué, en particulier, par l’interdiction qui a frappé la «  gay pride » de Moscou l’an dernier, et qui risque de se répéter cet année. D’autres manifestations de ce type ont été réprimées dans d’autres pays, ou ont été victimes de provocations face auxquelles la police a fermé les yeux. C’est tout simplement intolérable, et je veux rappeler à tous les élus locaux que ces manifestations doivent être permises et encadrées, comme n’importe quelle manifestation, car c’est une question de liberté. Les maires qui trouvent de faux prétextes pour les interdire, par exemple au nom de la sécurité ou de la moralité, violent la liberté d’expression et tous les texte européens qui la garantissent. J’ajoute, de plus, que dans les grandes villes européennes, les « gay pride » se passent toujours très bien et sans violence, à l’image de celle de Paris, qui attire chaque année 600 000 personnes, sans aucun incident.

Question : Vous soulignez qu’au-delà du respect des droits de l’homme, les manifestations de gays et de lesbiennes ont aussi un rôle social et préventif : qu’apportent-elles dans ce domaine ?

Jean-Luc Roméro : Pouvoir afficher librement sa sexualité, c’est aussi mieux vivre individuellement et collectivement. Il faut savoir par exemple que le taux de suicide chez les gays est 13 fois supérieur à celui des hétérosexuels, justement parce que beaucoup souffrent de discrimination et se cachent. De même, le SIDA se développe à cause du manque d’information et de prévention, et les manifestations comme la gay pride contribuent, au contraire, à mieux faire connaître les mesures indispensables de protection, et ce pour toute la population.

Question : Qu’attendez vous du Congrès dans ce domaine, et que souhaitez vous dire aux élus locaux et régionaux européens ?

Jean-Luc Roméro : Je souhaite que le Congrès vote une recommandation très ferme dénonçant les interdictions des gay-pride en Europe ! Mais il faut aussi que les élus locaux et régionaux renforcent, au quotidien, leur lutte contre le SIDA et contre l’homophobie. La région Ile-de-France dispose d’un « centre régional d’information sur le SIDA » qui vise à ces objectifs. Par ailleurs, j’ai créé l’association «  élus locaux contre le SIDA » qui compte déjà 13000 membres, et j’espère que leur nombre va continuer à progresser, afin de pouvoir mieux travailler partout sur ces questions.



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