Conférence des Ministres européens responsables des collectivités locales et régionales

      Kyiv, Ukraine, 3 - 4 novembre 2011

      Jeudi 3 novembre, 9.00 - 10.00 - Ouverture

      Allocution de Jean-Claude Frécon, Président de la Chambre des pouvoirs locaux Représentant le Président

      du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe

      Monsieur le Président,

      Mesdames et Messieurs les Ministres,

      Mesdames et Messieurs,

      C’est un grand honneur pour moi de m’adresser à vous aujourd’hui au nom du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe.

      Assemblée d’élus territoriaux de notre continent, le Congrès a toujours été en faveur d’un dialogue politique avec les gouvernements nationaux des Etats membres. A Budapest, à Valence, à Utrecht le Congrès a constamment marqué sa volonté d’engager un dialogue direct avec les autorités centrales pour une meilleure démocratie locale et régionale en Europe, une démocratie plus forte et plus proche de nos citoyens.

      C’est pourquoi nous sommes satisfaits d’avoir mise en œuvre une coopération étroite et régulière avec le Comité des ministres du Conseil de l’Europe et complémentairement avec votre Conférence, et ainsi d’être entrés dans un dialogue politique permanent avec les autorités centrales - ou régionales dans les pays fédérés - de nos Etats membres. Votre Conférence est une excellente occasion de faire un pas de plus dans cette direction.

      Je remercie aussi le Président de l’Assemblée Parlementaire pour l’intérêt qu’il a manifesté à l’égard des travaux du Congrès.

      Cette réunion a lieu à un moment critique pour l’Europe et, disons-le, pour la démocratie européenne elle-même. Nous nous retrouvons aujourd’hui dans le contexte d’une crise économique particulièrement grave qui bouleverse nos Etats comme nos collectivités.

      Aujourd’hui, aucune collectivité publique, que ce soit les Etats, les régions, ou les communes n’est à l’abri de cette crise et de ses conséquences, et cette interdépendance de nos situations nous oblige à une solidarité et à une coopération la plus large possible.

      Au-delà de nos nations, la crise frappe aussi les institutions européennes : l’Europe fait face à un défi énorme qui pourrait menacer jusqu’à son existence. Au nom de nos collectivités locales et régionales, nous affirmons que la solidarité qui est nécessaire à l’intérieur de nos Etats est également indispensable entre les pays européens.

      La sortie de cette crise passe par la coopération renforcée de tous les niveaux de gouvernance, par une action conjointe pour relever ensemble les défis qui se dressent, par des efforts communs pour une meilleure gouvernance dans le cadre des valeurs du Conseil de l’Europe.

      Ces valeurs de la démocratie, de l’Etat de droit et du respect des droits de l’homme sont aussi pertinentes à l’échelle européenne et nationale qu’aux niveaux local et régional. Elles sont indispensables dans l’action quotidienne de nos collectivités, notamment en faveur d’une participation citoyenne accrue pour une démocratie vivante, en faveur d’une lutte contre la corruption pour respecter l’Etat de droit, et d’une sensibilisation renforcée aux droits de l’homme.

      Ce sont des défis communs pour tous les échelons du pouvoir dans nos sociétés.

      D’ailleurs, vous allez examiner aujourd’hui le rapport préparé par le Vice-président du gouvernement espagnol, Manuel CHAVES, qui notamment souligne l’importance de la coopération et de la solidarité des différents niveaux de gouvernance pour relever ces défis communs.

      Permettez-moi à cet égard de remercier le Ministre CHAVES pour son excellent travail et tout particulièrement pour sa volonté politique d’affirmer la nécessité du dialogue entre les différentes instances du Conseil de l’Europe et, en particulier pour ce qui nous concerne, entre le Comité des ministres et le Congrès.

      Ce message politique, Monsieur le Ministre, le Congrès l’entend, le Congrès le comprend, et le Congrès le soutient.

      Mesdames et Messieurs les Ministres,

      Cette Conférence se tient également à un moment de transformations capitales sur l’autre rive de la Méditerranée. Ces changements représentent des enjeux historiques tant pour les pays arabes qui se sont mis sur la voie de la transition vers la démocratie, que pour l’Europe qui, comme voisin, doit tendre une main généreuse et aider tous ceux qui le souhaitent à construire une véritable démocratie en Afrique du Nord.

      En offrant notre assistance à la Méditerranée du sud, n’oublions pas que la démocratie se construit à tous les niveaux, et qu’une bonne démocratie ne saurait se développer sans une démocratie locale et régionales solide et vivante, ce message-là doit aussi être entendu dans notre voisinage.

      J’ai placé cette intervention sous le signe de la solidarité, solidarité dans nos nations, solidarité en Europe, solidarité avec notre voisinage. Dans la période tourmentée que nous traversons, nous savons que personne ne se sauvera seul. Nous avons devant nous une exigence de réussite, et ce devoir, nous ne pourrons pas le mener à bien si nous ne restons pas tout ensemble solidaire dans nos efforts.

      Je souhaite que cette Conférence donne un élan ferme à cette conviction.

      Je vous remercie.



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