CONSEIL DE L’EUROPE
COMITE DES MINISTRES

Recommandation Rec(2001)15
du Comité des Ministres aux Etats membres
relative à l’enseignement de l’histoire en Europe au XXIe siècle

(adoptée par le Comité des Ministres,
le 31 octobre 2001,
lors de la 771e réunion des Délégués des Ministres)

Le Comité des Ministres, en vertu de l’article 15.b. du Statut du Conseil de l'Europe,

Considérant que le but du Conseil de l’Europe est de réaliser une union toujours plus étroite entre ses membres ;

Ayant à l’esprit la Convention culturelle européenne signée à Paris, le 19 décembre 1954, qui appelle ses Etats signataires à encourager l’étude de l’histoire et de la civilisation des autres Parties contractantes, et à la développer sur le territoire des autres Parties contractantes ;

Rappelant les Sommets de Vienne (1993) et de Strasbourg (1997) au cours desquels les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres du Conseil de l’Europe :

– ont souhaité mettre le Conseil de l’Europe pleinement en mesure de contribuer à relever les défis de la société du XXIe siècle ;

– ont exprimé le besoin d’un renforcement de la compréhension mutuelle et de la confiance entre les peuples, en particulier par le biais d’un programme d’enseignement de l’histoire visant à éliminer les préjugés et mettant en évidence les influences mutuelles positives entre différents pays, religions et idées, dans le développement historique de l’Europe ;

– ont réaffirmé la dimension éducative et culturelle des principaux enjeux de l’Europe de demain ;

Confirmant que les falsifications et les manipulations idéologiques de l’histoire sont incompatibles avec les principes fondamentaux du Conseil de l’Europe définis par son Statut ;

Ayant à l’esprit les recommandations de l’Assemblée parlementaire relatives à la dimension européenne de l’éducation (Recommandation 1111 (1989)), et à l’histoire et à l’apprentissage de l’histoire en Europe (Recommandation 1283 (1996)) ;

Rappelant la Résolution n° 1 adoptée lors de la 19e session de la Conférence permanente des ministres européens de l’Education sur le thème «Tendances et convergences dans l’éducation en Europe» (Kristiansand, Norvège, 1997), et les conclusions et résolutions de la 20e session de la Conférence permanente des ministres européens de l’Education relative au projet «Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du XXe siècle» (Cracovie, Pologne, 2000) ;

Ayant à l’esprit la déclaration adoptée lors de la Conférence informelle des ministres de l’Education de l’Europe du Sud-Est (Strasbourg, 1999) par laquelle il est recommandé d’entreprendre des actions pragmatiques dans les domaines pour lesquels le Conseil de l’Europe a une expérience de longue date et reconnue, à savoir, entre autres, l’enseignement de l’histoire ;

Prenant en considération la déclaration adoptée lors de la Conférence régionale des ministres de l’Education des Etats du Caucase (Tbilissi, Géorgie, 2000) ;

Vu la Recommandation n° R (98) 5 du Comité des Ministres aux Etats membres relative à la pédagogie du patrimoine, dans laquelle les Ministres affirment que les actions de pédagogie du patrimoine sont un moyen privilégié de donner un sens à l'avenir par une meilleure compréhension du passé ;

Prenant en compte la Résolution (98) 4 du Comité des Ministres sur les itinéraires culturels du Conseil de l'Europe ;

Considérant la Recommandation n° R(2000)1 du Comité des Ministres aux Etats membres sur la promotion de la coopération transfrontalière entre collectivités ou autorités territoriales dans le domaine culturel, dans laquelle les ministres affirment que les activités transfrontalières aident les jeunes à acquérir une vision transfrontalière en les sensibilisant à la diversité des traditions culturelles et historiques ;

Vu les résolutions de la 5e Conférence européenne des ministres responsables du patrimoine culturel (Portorož, Slovénie, 2001), dans lesquelles les ministres ont réaffirmé que l’enseignement de l’histoire devrait être fondé sur la compréhension et l’explication du patrimoine, et mettre en relief le caractère transnational du patrimoine ;

Considérant la Recommandation n° R(2000)13 du Comité des Ministres aux Etats membres sur une politique européenne en matière de communication des archives, dans laquelle les Ministres, constatant l'intérêt croissant du public pour l'histoire et affirmant qu'une meilleure connaissance de l'histoire européenne récente pourrait contribuer à la prévention des conflits, appellent de leurs vœux une politique européenne en matière de communication d'archives, fondée sur des principes conformes aux valeurs démocratiques ;

Ayant à l'esprit la Recommandation n° R (97) 20 du Comité des Ministres aux Etats membres sur le «discours de haine», dans laquelle le discours de haine est défini comme désignant toutes les formes d'expression qui propagent, incitent à, promeuvent ou justifient la haine raciale, la xénophobie ou l'antisémitisme, et dans laquelle les Ministres notent que le discours de haine peut avoir un impact plus dommageable lorsqu'il est diffusé à travers les médias ;

Tenant compte des travaux antérieurs du Conseil de l’Europe dans le domaine de l'enseignement de l'histoire – reposant sur l'idée de réconciliation et d'influences mutuelles positives entre les peuples – tels que les travaux effectués dans la période d’après-guerre qui ont mis l’accent sur la suppression des manuels d’histoire des partis pris et des préjugés, des travaux successifs du projet «L'histoire dans la nouvelle Europe», et le programme «L’enseignement de l'histoire et la nouvelle initiative du Secrétaire Général», qui a aidé les républiques de l'ex-Union soviétique à élaborer des méthodologies pour moderniser l'enseignement de l'histoire, produire de nouveaux manuels et adapter en conséquence la formation des enseignants ;

Ayant pris connaissance des résultats du projet «Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du XXe siècle» et de l’ensemble du matériel pédagogique à l’usage des enseignants, qui ont été présentés lors de la Conférence finale du projet «Regards croisés sur le XXe siècle» tenue symboliquement à la Maison de l’Histoire de la République fédérale d’Allemagne (Haus der Geschichte, Bonn, Allemagne, 2001) ;

Notant que le projet «Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du XXe siècle » a permis, entre autres :

– de faire des progrès sensibles pour l’élaboration d’une conception pluraliste et tolérante de l’enseignement de l’histoire, notamment par le développement des capacités de recherches individuelles et d’analyse ;

– de mettre en évidence les innovations pédagogiques utilisant tant les technologies de l’information que les nouvelles sources didactiques ;

– d’élaborer des exemples d’approches ouvertes des questions délicates de l’histoire de l’Europe du XXe siècle,

Recommande aux gouvernements des Etats membres dans le respect de leurs structures constitutionnelles, des situations nationales ou locales et de leur système éducatif :

– de s’inspirer des principes énoncés dans l’annexe à la présente recommandation dans le cadre des réformes de l’enseignement de l’histoire en cours ou à venir et des réformes de la formation des enseignants d’histoire ;

– d’assurer, selon les procédures nationales, régionales et locales appropriées, que les organismes publics et privés concernés de leur pays soient informés des principes affirmés dans cette recommandation à l’aide des documents de référence qui en constituent la base, en particulier l’ensemble des produits pédagogiques élaborés par le projet «Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du XXe siècle» ;

– de poursuivre, selon des modalités à définir, des activités dans le domaine de l’enseignement de l’histoire afin de renforcer des relations de confiance et de tolérance au sein des et entre les Etats, et de faire face aux défis du XXIe siècle ;

– d’utiliser également, de façon intégrée, d’autres projets du Conseil de l’Europe, en particulier celui sur «L’éducation à la citoyenneté démocratique» et les travaux réalisés dans le domaine du patrimoine culturel ;

Demande au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe de porter cette recommandation à la connaissance des Etats parties à la Convention culturelle européenne qui ne sont pas membres du Conseil de l’Europe.

Annexe à la Recommandation Rec(2001)

1. Objectifs de l’enseignement de l’histoire au XXIe siècle

L’enseignement de l’histoire dans une Europe démocratique devrait :

– occuper une place essentielle pour la formation d’un citoyen responsable et actif et pour le développement du respect de toute sorte de différences, respect fondé sur une compréhension de l'identité nationale et des principes de tolérance ;

– être un facteur décisif de réconciliation, de reconnaissance, de compréhension et de confiance mutuelle entre les peuples ;

– jouer un rôle essentiel dans la promotion de valeurs fondamentales telles que la tolérance, la compréhension mutuelle, les droits de l’homme et la démocratie ;

– constituer l’un des éléments fondamentaux d’une construction européenne librement consentie, basée sur un patrimoine historique et culturel commun, enrichi de ses diversités, même dans ses aspects conflictuels et parfois dramatiques ;

– s’inscrire dans une politique éducative qui participe étroitement au développement et à l’évolution des jeunes, dans la perspective de construire avec eux l’Europe de demain, ainsi qu'au développement pacifique des sociétés humaines dans une perspective planétaire, dans un esprit de compréhension et de confiance mutuelles ;

– permettre de développer chez les élèves la capacité intellectuelle d’analyser et d’interpréter l’information de manière critique et responsable à travers le dialogue, la recherche des faits historiques, et grâce à un débat ouvert fondé sur une vision plurielle, en particulier sur les questions controversées et sensibles ;

– permettre au citoyen européen de mettre en valeur son identité individuelle et collective par une connaissance du patrimoine historique et culturel commun dans ses dimensions locale, régionale, nationale, européenne et mondiale ;

– être un instrument de la prévention des crimes contre l’humanité.

2. Détournements de l’histoire

L’enseignement de l’histoire ne peut être un instrument de manipulation idéologique, de propagande ou de promotion de valeurs ultranationalistes, xénophobes, racistes ou antisémites et intolérantes.

Les recherches historiques et l'histoire telle qu'elle est enseignée à l'école ne peuvent en aucune manière, et avec quelque intention que ce soit, être compatibles avec les valeurs fondamentales et le Statut du Conseil de l'Europe si elles permettent ou popularisent des représentations de l'histoire erronées, au moyen de l'un ou l'autre des subterfuges suivants :

– falsification de faits historiques, statistiques frelatées, images truquées, etc. ;

– fixation sur un événement pour justifier ou occulter un autre événement ;

– déformation du passé à des fins de propagande ;

– version excessivement nationaliste du passé, susceptible de créer une dichotomie entre «nous» et «eux» ;

– distorsions de sources historiques ;

– négation de faits historiques ;

– omission de faits historiques.

3. Dimension européenne dans l’enseignement de l’histoire

La construction européenne étant l’expression à la fois d’un choix librement consenti des Européens eux-mêmes et d’une réalité historique, il conviendrait :

– de montrer les relations historiques continues entre les niveaux local, régional, national et européen ;

– de promouvoir l’enseignement des moments ou des faits de l’histoire dont la dimension européenne est la plus évidente – en particulier les événements et courants historiques et culturels fondateurs de la conscience européenne ;

– de développer par tous les moyens disponibles, en particulier par les technologies de l’information, les projets de coopération et d’échanges entre les écoles sur des thèmes relatifs à l’histoire de l’Europe ;

– de développer l’intérêt des élèves pour l’histoire des autres pays européens ;

– d’introduire ou de développer l’enseignement de l’histoire de la construction européenne elle-même.

Pour promouvoir la dimension européenne dans l’enseignement de l’histoire dans une Europe élargie, démocratique et pacifique, il conviendrait :

– de prendre en compte les résultats des travaux réalisés dans le cadre du projet «Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du XXe siècle» du Conseil de la coopération culturelle, tant dans leur contenu que dans leur approche méthodologique ;

– de s’inspirer des programmes du Conseil de l’Europe sur la réforme de l’enseignement de l’histoire et sur l’élaboration de nouveaux manuels et guides méthodologiques dans le cadre des activités pour le développement et la consolidation de la stabilité démocratique ;

– de s’inspirer des programmes du Conseil de l’Europe relatifs à la sensibilisation et à la pédagogie du patrimoine ;

– de procéder, le plus largement possible, à la diffusion du matériel pédagogique produit dans le cadre du projet «Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du XXe siècle» avec l’utilisation appropriée des technologies de l’information et de la communication ;

– de renforcer les activités d’assistance dans la préparation des nouveaux programmes scolaires et des normes dans l’enseignement de l’histoire, y compris l’élaboration de nouveaux manuels scolaires, notamment en Fédération de Russie, dans les pays du Caucase, de l’Europe du Sud-Est et de la région de la mer Noire ;

– de mettre à profit le programme du Conseil de l’Europe pour la formation continue du personnel éducatif en vue de faire acquérir ces connaissances nouvelles dans un contexte européen permettant aux enseignants de confronter leurs points de vue et leurs expériences.

4. Contenus des programmes

L’enseignement de l’histoire, s’il doit éviter une accumulation de savoirs encyclopédiques, devrait cependant comprendre :

– une sensibilisation à la dimension européenne, prise en compte dans l’élaboration des programmes, cela afin de conduire les élèves à une «conscience européenne» ouverte sur le monde ;

– le développement de l’esprit critique des élèves, d’un jugement indépendant et objectif, du refus des manipulations ;

– les événements et moments marquants de l’histoire de l’Europe en tant que telle, étudiée aux niveaux local, national, européen et mondial à travers des périodes et des faits particulièrement significatifs ;

– l’étude de toutes les dimensions de l’histoire de l’Europe, non seulement politique, mais aussi économique, sociale et culturelle ;

– le développement de l’esprit de recherche et de la curiosité, notamment en utilisant la pédagogie de la découverte dans le cadre de l’étude du patrimoine qui permet de mettre en évidence les influences interculturelles ;

– l’élimination des préjugés et des stéréotypes en mettant en évidence dans les programmes les influences mutuelles positives entre différents pays, religions et écoles de pensée dans le développement historique de l’Europe ;

– l’étude critique des détournements de l’histoire, qu’il s’agisse de détournements par négation d’une évidence historique, par falsification, par omission, par ignorance ou par récupération idéologique ;

– l’étude des questions controversées par la prise en compte des faits, des opinions et des points de vue différents, et par la recherche de la vérité.

5. Méthodes d’apprentissage

Utilisation des sources

Les sources didactiques les plus variées devraient être utilisées pour la connaissance des faits historiques et leur apprentissage critique et analytique, et plus particulièrement : 

– les archives, ouvertes au public, en particulier dans les pays d’Europe centrale et orientale, qui donnent désormais accès à des documents authentiques comme cela ne fut jamais le cas auparavant ;

– le cinéma et la production audiovisuelle tant documentaire que de fiction ;

– les technologies de l’information qui devraient faire l’objet d’un traitement critique individuel et collectif pour lequel l’enseignant joue un rôle essentiel ;

– les différents types de musées du XXe siècle créés à travers toute l’Europe et les «lieux de mémoire», qui favorisent la perception concrète par les élèves des événements récents, notamment dans leur dimension quotidienne ;

– l’histoire orale grâce à laquelle les témoignages oraux sur les récents événements historiques peuvent rendre l’histoire plus vivante aux yeux des jeunes, et qui peut offrir une place aux points de vue et perspectives de ceux qui n’ont pas été associés à l' «histoire écrit ».

La recherche individuelle

Les élèves devraient être encouragés à entreprendre, selon le niveau et les circonstances, une recherche individuelle, afin de stimuler leur curiosité et leur esprit d’initiative dans la collecte des informations, ainsi que leur esprit de synthèse.

La recherche collective

Au niveau du groupe d’élèves, de la classe ou de l’établissement, le développement de projets de recherche ou d’apprentissage actif devrait être promu afin de créer les conditions du dialogue et de la confrontation ouverte et tolérante des opinions.

L’approche transdisciplinaire et multidisciplinaire

L’apprentissage de l’histoire devrait à toute occasion utiliser le potentiel éducatif d’une approche transdisciplinaire et multidisciplinaire, en établissant les liaisons avec les autres disciplines qui constituent l’ensemble du programme scolaire, notamment la littérature, la géographie, les sciences sociales, la philosophie, les arts et y compris les disciplines scientifiques.

L’approche internationale et transfrontalière

Selon les circonstances, la mise en œuvre de projets internationaux et transfrontaliers, basés sur l’étude d’un thème commun, des approches comparatives ou la réalisation d’une tâche commune à plusieurs écoles de pays différents devraient être encouragées en profitant notamment des possibilités nouvelles offertes par les technologies de l’information et de l’établissement de liens et d’échanges scolaires.

6. Enseignement et mémoire

Il conviendrait, tout en mettant en évidence les résultats positifs qui ont marqué le XXe siècle, tels que l’utilisation pacifique des sciences en vue d’un meilleur art de vivre et le développement de la démocratie et des droits de l’homme, de prendre toutes les mesures éducatives permettant de prévenir la répétition ou la négation des événements dévastateurs ayant marqué ce siècle, à savoir l’Holocauste, les génocides et autres crimes contre l’humanité, les épurations ethniques, les violations massives des droits de l’homme et des valeurs fondamentales auxquelles le Conseil de l’Europe est particulièrement attaché. Pour ce faire, il conviendrait  :

– d’aider les élèves à prendre connaissance et conscience des faits – et de leurs causes – qui ont marqué de la façon la plus sombre l’histoire de l’Europe en particulier et du monde en général ;

– de réfléchir sur les idéologies qui y ont conduit et sur les moyens permettant d’éviter la répétition de tels faits ;

– d’orienter, de développer et de coordonner les programmes de formation continue du personnel éducatif dans les Etats membres du Conseil de la coopération culturelle dans ce domaine ;

– de faciliter l’accès, notamment en utilisant les ressources des nouvelles technologies, à la documentation déjà disponible sur ce thème et de développer un réseau de centres de ressources pédagogiques dans ce domaine ;

– d’assurer la mise en œuvre, le suivi et le monitoring de la décision des ministres de l’Education (Cracovie, 2000) de consacrer, dans les écoles, une journée à la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des crimes contre l’humanité, choisie selon l’histoire de chaque Etat membre ;

– d’enrichir la contribution spécifique du Conseil de l’Europe dans le domaine de l’enseignement au sein de la Task Force pour la coopération internationale sur l’enseignement de l’Holocauste, la mémoire et la recherche.

7. Formation initiale et continue des enseignants d’histoire

La formation initiale et continue spécifique aux enseignants d’histoire devrait :

– former et encourager les enseignants d’histoire à utiliser des méthodes d’enseignement de l’histoire complexes, appelant à la réflexion et basées sur la recherche ;

– viser à faire connaître aux futurs enseignants d’histoire et à ceux déjà engagés dans la vie active tous les produits, instruments et méthodes récents, en particulier pour l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ;

– rendre les enseignants sensibles à la mise en œuvre des pratiques pédagogiques qui, au-delà et en tenant compte des données factuelles, visent à ce que les élèves puissent interpréter et analyser les faits historiques et leur influence sur le présent, dans divers contextes social, géographique, économique, etc.;

– contribuer à ce que les enseignants mettent en œuvre des pratiques évaluatives qui rendent compte non seulement des données mémorisées par les élèves, mais aussi des actions qu’ils sont en mesure d’entreprendre en raison de la connaissance des données en question, qu’il s’agisse de recherches, de débats ou d’analyses de questions controversées ;

– aider à concevoir et à réaliser des situations d’apprentissage de nature transdisciplinaire dans leur classe en collaboration avec des pairs ;

Dans la mesure où les technologies de l’information et de la communication conduisent à transformer le rôle des enseignants d’histoire, il importe :

– de créer des lieux d’échange afin que les enseignants puissent prendre connaissance d’une grande diversité de situations d’apprentissage intégrant les nouveaux rôles en question ;

– de soutenir la mise en place de groupes de discussion sur les difficultés, les hésitations et les doutes professionnels inhérents à ces nouvelles pratiques pédagogiques ;

– de développer des banques de ressources qui précisent non seulement les documents et les sites disponibles, mais aussi la validité des informations provenant de ces sources et de ces documents.

Afin d’atteindre ces objectifs et de définir le profil spécifique de l’enseignant d’histoire, il conviendrait :

– de donner aux institutions de formation des enseignants d’histoire le support adéquat pour maintenir et améliorer la qualité de leur formation, et pour développer le professionnalisme et le statut social des enseignants d’histoire en particulier ;

d’apporter une attention particulière à la formation des formateurs d’enseignants d’histoire selon les principes contenus dans la présente recommandation ;

– de promouvoir des recherches comparatives relatives aux objectifs, structures et normes de la formation initiale et continue spécifique des enseignants d’histoire et par là d’encourager la coopération institutionnelle et l’échange d’informations relatives aux besoins nécessaires aux réformes de la formation initiale et continue des enseignants d’histoire et de la formation continue des formateurs ;

– de susciter et d’encourager les partenariats entre l’ensemble des institutions actives en matière de formation d’enseignants d’histoire ou concernées par cette formation (en particulier les médias), en vue notamment de souligner leur mission particulière et leur responsabilité spécifique.

8. Technologies de l’information et de la communication

Dans le respect des normes légales et de la liberté d’expression, il conviendrait de prendre les mesures nécessaires à la lutte contre la diffusion des contenus racistes, xénophobes ou révisionnistes, en particulier à travers le système Internet.

Dans le contexte de l’usage très étendu des technologies de l’information et de la communication par les jeunes, tant au cours de leur vie scolaire qu’extrascolaire, il importe de développer une pédagogie et une méthodologie tenant compte du fait que ces technologies :

– constituent des ressources incontournables dans l’enseignement de l’histoire ;

– soulèvent des questions fondamentales, notamment celle de la fiabilité des sources ;

– permettent aux enseignants et aux élèves d’avoir accès à des sources originales et à des interprétations multiples ;

– élargissent de façon spectaculaire l’accès aux informations et aux données historiques ;

– multiplient et facilitent les occasions d’échange et de dialogue.

Par ailleurs, il conviendrait de mettre en place les conditions nécessaires pour que les enseignants puissent :

– aider leurs élèves eux-mêmes, dans le processus de sélection, à évaluer la fiabilité des sources d’information et les informations en tant que telles ;

– introduire dans leur classe des démarches d’analyse critique en prenant appui sur des points de vue multiples et des interprétations transculturelles ;

– soutenir leurs élèves dans le développement de compétences telles que l’analyse critique et le raisonnement analogique.


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