Communiqué de presse - 482(2010)

La Commission anti-racisme du Conseil de l’Europe publie un nouveau rapport sur la Géorgie

Strasbourg, 15.06.2010 - La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) publie aujourd’hui son troisième rapport sur la Géorgie. Le président de l’ECRI, Nils Muiznieks, a signalé des initiatives positives dans la lutte contre la discrimination fondée sur des motifs tels que la « race », la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine nationale ou ethnique, mais il a également exprimé son inquiétude face au fait que les membres de minorités ethniques sont toujours confrontés à l’exclusion suite à leur maîtrise insuffisante de la langue géorgienne et que les Roms restent dans une position vulnérable.

S’agissant des évolutions positives, l’Ombudsman géorgien continue à jouer un rôle fondamental dans la lutte contre la discrimination. Il établit des bureaux régionaux afin de mieux atteindre les personnes concernées. Les grandes lignes d’une stratégie nationale pour la tolérance et l’intégration civile ont été adoptées en 2009.

Des mesures considérables ont été prises pour soutenir les personnes déplacées à l’intérieur du pays. Même si le conflit armé d’août 2008 aurait pu provoquer des tensions ethniques importantes, le grand public semble toujours capable de faire une distinction entre les responsables politiques et les personnes qui vivent en Géorgie.

En même temps, les contacts entre la population majoritaire et les minorités ethniques demeurent limités. La langue est certainement l’un des obstacles principaux et il reste beaucoup à faire pour veiller à ce que les membres des minorités ethniques parlent le géorgien. Toutefois, l’isolation des Arméniens, des Azerbaïdjanais et des autres minorités ethniques du sud et du sud-est est aussi liée au manque d’infrastructures appropriées, de transports et de communications notamment. De plus, dans une large mesure, la population majoritaire n’a pas conscience de la situation des groupes de minorités ethniques et de leur culture.

Le harcèlement et la violence physique ciblant les Témoins de Jéhovah et les musulmans demeurent un problème et la police ne réagit pas toujours de façon appropriée. Par conséquent, les victimes sont hésitantes à signaler des infractions racistes et des attaques sur les biens appartenant à des groupes religieux.

Les Roms font face à des préjugés largement répandus et à la marginalisation due à la pauvreté extrême que connaissent certains d’entre eux. La scolarisation des enfants roms reste faible.

Dans son rapport, l’ECRI fait un certain nombre de recommandations parmi lesquelles les trois suivantes feront l’objet d’un réexamen dans deux ans :

    - réformer l’enseignement du géorgien aux élèves appartenant à des minorités ethniques ;
    - élaborer une stratégie d’intégration pour les Turcs meskhètes expliquant les raisons historiques de leur retour ;
    - améliorer l’enseignement du géorgien aux étudiants membres de minorités ethniques de l’Ecole d’administration publique Zourab Jvania et assister, entre autres, les diplômés appartenant à des minorités ethniques à trouver des emplois appropriés.

Lien vers le rapport

L’ECRI est un organe indépendant du Conseil de l’Europe spécialisé dans les droits de l’homme qui suit les problèmes de racisme et d’intolérance, élabore des rapports et formule des recommandations à l’intention des Etats membres.

Contacts:

Stephanie Schmölzer, Secrétariat de l’ECRI, tel: +33 388 41 3240; Stephanie.schmoelzer@coe.int
Estelle Steiner, attachée de presse du Conseil de l’Europe, tel: +33 388 41 3335 ; estelle.steiner@coe.int

Direction de la Communication du Conseil de l’Europe
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