Recommandation CM/Rec(2011)6
du Comité des Ministres aux Etats membres

relative au dialogue interculturel et à l’image de l’autre dans l’enseignement de l’histoire

(adoptée par le Comité des Ministres le 6 juillet 2011,
lors de la 1118e réunion des Délégués des Ministres)

Le Comité des Ministres, en vertu de l’article 15.b du Statut du Conseil de l’Europe,

Considérant que le but du Conseil de l’Europe est de réaliser une union toujours plus étroite entre ses membres ;

Rappelant que la Convention culturelle européenne (STE n° 18), signée à Paris le 19 décembre 1954, vise à favoriser l’étude des langues, de l’histoire et de la civilisation des autres Parties contractantes, ainsi que de leur civilisation commune ;

Rappelant que les Chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de l’Europe, lors du Sommet de Varsovie (2005), ont affirmé vouloir encourager une identité et une unité européennes fondées sur des valeurs fondamentales partagées, le respect de notre patrimoine commun et la diversité culturelle, qu’ils s’étaient déclarés convaincus que « le dialogue entre les cultures se nourrit aussi d’une compréhension exacte de l’histoire » et avaient apporté leur soutien aux travaux du Conseil de l’Europe en matière d’histoire ainsi qu’aux projets qui s’y rapportent ;

Réaffirmant les principes généraux figurant dans le Livre blanc sur le dialogue interculturel « Vivre ensemble dans l’égale dignité » lancé par les ministres des Affaires étrangères du Conseil de l’Europe en mai 2008, en particulier en ce qui concerne la nécessité d’apprendre et d’enseigner les compétences interculturelles pour lesquelles l’enseignement de l’histoire joue un rôle essentiel ;

Réaffirmant les principes et orientations figurant dans la Recommandation Rec(2001)15 du Comité des Ministres relative à l’enseignement de l’histoire en Europe au 21e siècle ;

Ayant à l’esprit la Recommandation 1880 (2009) de l’Assemblée parlementaire relative à l’enseignement de l’histoire dans les zones de conflit et de post-conflit ;

Prenant en compte la Recommandation CM/Rec(2010)7 du Comité des Ministres sur la Charte du Conseil de l’Europe sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation aux droits de l’homme ;

Rappelant la Recommandation CM/Rec(2008)12 du Comité des Ministres sur la dimension des religions et des convictions non religieuses dans l’éducation interculturelle ainsi que la Recommandation CM/Rec(2009)4 sur l’éducation des Roms et des Gens du voyage en Europe ;

Prenant en compte la Déclaration finale de la 23e session de la Conférence permanente des ministres européens de l’Education (Ljubljana, 4-5 juin 2010) sur « Education pour une société démocratique durable : le rôle des enseignants » ;

Prenant en compte la Déclaration sur la diversité culturelle, adoptée par le Comité des Ministres le 7 décembre 2000 ;

Prenant en compte la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en novembre 2001 ;

Rappelant l’importance de la dimension historique dans les travaux du Conseil de l’Europe concernant l’enseignement de l’holocauste et la prévention des crimes contre l’humanité, la lutte contre les discours de haine et toutes les formes de discrimination, le dialogue interreligieux ainsi que l’éducation au patrimoine ;

Réaffirmant que l’enseignement de l’histoire constitue une partie intégrante de l’éducation à la citoyenneté démocratique ;

Pleinement conscient que la diversité culturelle et la mondialisation impliquent des changements profonds quant aux programmes et aux méthodes scolaires en général, et plus particulièrement concernant l’enseignement de l’histoire dans toute sa complexité ;

Prenant en compte les conclusions des travaux entrepris dans le cadre intergouvernemental, bilatéral et régional du projet « L’image de l’autre dans l’enseignement de l’histoire », mis en œuvre par le Comité directeur de l’éducation (CDED) de 2006 à 2010, et plus particulièrement leur impact sur le rôle de l’enseignement de l’histoire :

- au sein des sociétés européennes de plus en plus sensibles aux nouvelles formes de diversité
culturelle ;

- dans le contexte de la mondialisation des échanges culturels et économiques ainsi que de la circulation élargie des idées et des personnes ;

- dans la prévention des conflits et dans les processus de réconciliation dans les situations conflictuelles ou post-conflictuelles.

Notant en particulier que le projet a permis de mettre en évidence l’importance des références à l’histoire dans le cadre de tout dialogue interculturel quels qu’en soient les contextes, les formes, les antécédents ou les acteurs, donnant ainsi une importance particulière à l’enseignement de l’histoire proprement dit ;

Vu l’intérêt croissant pour les questions historiques dans les débats politiques en général ;

Observant qu’un enseignement de l’histoire reposant sur la connaissance et le respect de l’autre est un facteur décisif du développement d’un « vivre ensemble dans l’égale dignité » dans des sociétés caractérisées par la diversité culturelle en évolution rapide et permanente ;

Affirmant qu’il y a lieu, dans le respect des spécificités des histoires particulières et au-delà des tensions et des conflits, de mettre en évidence les histoires partagées nées des interactions, échanges, rencontres et convergences historiques,

Recommande aux gouvernements des Etats membres, dans le respect de leurs structures nationales, régionales ou locales et de leurs compétences respectives en particulier dans le domaine de l’éducation :

- de prendre en compte les principes énoncés dans l’annexe à la présente recommandation dans le cadre des réformes de l’enseignement de l’histoire en cours ou à venir ;

- d’assurer, selon les circonstances et si nécessaire, conformément aux procédures nationales, régionales et locales appropriées, que les écoles et les organismes publics et privés concernés – y compris les organisations non gouvernementales – soient informés des principes présentés dans l’annexe à la présente recommandation ;

- d’encourager et de poursuivre les activités de réflexion et, le cas échéant, de réforme de l’enseignement de l’histoire afin de créer les meilleures conditions d’un développement du dialogue interculturel reposant sur la tolérance, l’écoute de l’autre, le dialogue et la formation d’un citoyen responsable capable de réflexion personnelle, d’analyse critique et de recherche ;

Demande au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe de porter cette recommandation à la connaissance des Etats parties à la Convention culturelle européenne qui ne sont pas membres du Conseil de l’Europe.

Annexe à la Recommandation CM/Rec(2011)6

Objectifs de l’enseignement de l’histoire dans le contexte du dialogue interculturel

Dans la perspective du renforcement du dialogue interculturel, et tenant compte des objectifs généraux de l’enseignement de l’histoire tels que repris dans la Recommandation Rec(2001)15, il conviendrait que l’enseignement de l’histoire contribue plus particulièrement :

- à une forte prise de conscience de la grande diversité culturelle des sociétés européennes contemporaines et à la plus grande sensibilité aux diversités culturelles héritées de l’histoire desdites sociétés ;

- à une meilleure connaissance, dans le contexte général de la mondialisation, de l’histoire des cultures des autres régions et civilisations du monde, tout en maintenant une place appropriée à l’histoire locale, régionale et nationale ;

- à la mise en perspective des cultures et histoires nationales dans le contexte de l’Europe, et à la mise en perspective des cultures et histoires européennes dans le cadre mondial ;

- à la connaissance de l’histoire des relations entre les cultures, les civilisations et les peuples, et à la connaissance de la contribution de chacune au développement, à la croissance et à la créativité des autres ;

- au développement des connaissances et des compétences nécessaires à l’établissement d’un dialogue interculturel ouvert et fécond, en permettant à chaque futur citoyen d’être en mesure de percevoir et de comprendre l’histoire de l’autre, et par là de mieux percevoir et comprendre la sienne ;

- au développement d’une approche multiperspective fondée sur la pluralité des points de vue dans l’analyse de l’histoire, en particulier de l’histoire des relations entre les cultures ;

- à la mise en évidence et à l’analyse critique des stéréotypes, des images toutes faites, des parti-pris, des visions dépassées, des interprétations malvenues ou susceptibles de créer de véritables malentendus ou, de façon plus générale, des images inadéquates de l’autre ;

- à la prévention des tensions et des conflits dans les situations sensibles et au développement des processus de réconciliation dans les situations conflictuelles et post-conflictuelles, surtout lorsque la diversité culturelle au sens large est ou a été instrumentalisée dans le cadre des conflits de nature politique ;

- au développement, en liaison avec d’autres disciplines, des conditions préalables à un dialogue interculturel fécond, à savoir la promotion de valeurs et de références communes, notamment les droits fondamentaux, nécessaires à ce que le dialogue s’établisse sur une base saine, ainsi que définie dans le Livre blanc ;

- à permettre aux futurs citoyens d’accepter en toute connaissance de cause de « vivre ensemble » dans des contextes complexes, changeants et aux développements souvent imprévisibles ou inattendus.

Orientations des réformes de l’enseignement de l’histoire dans la perspective de sa contribution au développement interculturel

De façon générale, il conviendrait :

- d’être attentif à donner à l’enseignement de l’histoire la place qui lui revient dans les programmes, compte tenu de l’importance de cet enseignement pour les raisons évoquées ci-dessus, et de l’intérêt croissant pour les questions d’histoire dans l’opinion publique de la plupart des Etats membres ;

- de concevoir l’enseignement de l’histoire à l’école non seulement comme une fin en soi, mais aussi comme un moyen de définir les bases solides d’un apprentissage de l’histoire tout au long de la vie ;

- de mettre en place, dans le cadre de tout processus de réforme de l’enseignement de l’histoire, des moyens d’évaluation et de suivi ;

- d’encourager et de développer la coopération entre l’ensemble des acteurs et des institutions contribuant à l’apprentissage de l’histoire au-delà de l’enseignement à l’école proprement dit, soit pendant la période de scolarité obligatoire, soit dans ses prolongements tout au long de la vie ;

- de favoriser le développement de projets, initiatives, manifestations, réflexions en commun entre les écoles, les musées d’histoire, les secteurs de l’édition (livres et revues), les médias audiovisuels, (télévision, radio, etc), les centres culturels, les services culturels des autorités locales ou régionales, les organisations non gouvernementales, les bibliothèques, les centres d’archives et toute autre institution culturelle concernée.

Enseignement de l’histoire, dialogue et situations de post-conflit

L’ensemble des principes figurant dans cette annexe s’applique au processus de reconstruction de la confiance et du réapprentissage du « vivre ensemble » dans les situations post-conflit.

Il conviendrait néanmoins de tenir compte du fait que ces situations sont marquées par :

- des émotions très fortes et très polarisées ;

- une importance particulière donnée à la mémoire surtout à court terme, voire à très court terme ;

- une très grande influence de la sensibilisation aux mémoires par la famille et par de nombreuses autres structures, groupes ou associations par rapport auxquels le rôle de l’école est particulièrement difficile ;

- la prégnance très forte de stéréotypes particulièrement négatifs ;

- une approche souvent très destructive adoptée par certains médias ;

- un contexte politique encore sensible et parfois instable.

Il conviendrait, dans ces contextes, tout en tenant compte de leurs spécificités, que l’enseignement de l’histoire :

- contribue à l’expression maîtrisée des émotions ;

- favorise la perception et l’analyse aussi complète que possible du conflit en le situant dans un contexte plus global ;

- aide à rechercher et à identifier ce que les parties au conflit ont pu développer en termes d’histoires partagées, en particulier en montrant les relations, interactions, convergences et similarités, au plan culturel, dans la vie quotidienne ;

- contribue aux processus nécessaires d’écoute empathique de l’autre ;

- s’inscrive dans les processus de construction ou de reconstruction de la paix, et d’un état du « vivre ensemble » permettant dans le futur de prévenir ou de dépasser les conflits ;

- recoure particulièrement aux méthodes visant à apprendre et à travailler ensemble sur des projets d’intérêt commun.

Dans ces contextes particulièrement difficiles, l’enseignant d’histoire devrait jouer un rôle crucial, en particulier :

- en tant que médiateur assurant la neutralité et la transparence ;

- en suscitant la confiance ;

- en maintenant la continuité dans les phases difficiles des processus de réconciliation, en associant les parents, les organisations non gouvernementales issues de la ou des communautés ;

- en privilégiant, au moment opportun, l’association des structures extrascolaires au processus d’apprentissage de l’histoire ;

- en encourageant et en assistant la coopération transfrontalière ou transrégionale.

Méthodes et pédagogie

Compte tenu de l’extrême diversité et du grand nombre « d’histoires des autres » à prendre en compte dans les contextes multiculturels contemporains, il y aurait lieu, dans le cadre des réformes futures de l’enseignement de l’histoire :

- de rechercher en permanence le meilleur équilibre possible entre l’acquisition de savoirs historiques relatifs aux échelons locaux, régionaux, européens et internationaux, et l’acquisition de compétences permettant, tout au long de la vie, de découvrir et connaître l’histoire d’autres cultures ;

- de développer une pédagogie active et interactive, c'est-à-dire impliquant l’acquisition de savoirs et de compétences par la mise en œuvre d’activités telles que la réalisation de projets, la recherche individuelle ou collective, le débat au sein de la classe, la recherche sur le terrain, la rédaction de synthèses, l’interview de témoins privilégiés, et l’établissement – lorsque les conditions techniques le permettent – de contacts interrégionaux ou internationaux avec d’autres écoles, etc. ;

- d’encourager la coopération interdisciplinaire au sein même de l’école entre l’enseignement de l’histoire, de la littérature, de la philosophie, des langues, des sciences et des techniques, des sciences sociales et économiques et, le cas échéant, l’instruction religieuse, et de façon générale avec toutes les activités contribuant à l’éducation à la citoyenneté démocratique ;

- d’être attentif à ce que l’enseignement de l’histoire, notamment dans ses implications pour le dialogue interculturel, soit également bien intégré dans l’enseignement professionnel et technique.

Livres d’histoire et matériel pédagogique

Dans la perspective d’une pédagogie active et interactive, il serait nécessaire d’adapter le statut, la fonction, le contenu et la structure des livres scolaires d’histoire et du matériel pédagogique en général.

En particulier, l’offre de livres scolaires d’histoire et plus généralement de matériels pédagogiques devrait être aussi diverse et pluraliste que possible.

Il conviendrait que les livres d’histoire ou le matériel pédagogique :

- tiennent compte des développements récents de la recherche historique ;

- soient en eux-mêmes des sources de données dans le cadre de perspectives plurielles ;

- facilitent l’accès à des sources d’origines diverses ;

- suscitent et facilitent les débats et les questionnements ;

- soient conçus par des équipes particulièrement sensibilisées à la diversité culturelle et fassent l’objet d’une consultation attentive avec des auteurs de cultures différentes.

Education aux médias

Dans le cadre du développement de cette pédagogie active et interactive, il conviendrait que l’enseignement de l’histoire soit associé à l’éducation aux médias afin de développer notamment :

- l’analyse critique des origines et du contenu des images, reportages, archives audiovisuelles, émissions télévisées thématiques, etc. ;

- l’acquisition des capacités de recherche et d’analyse critique des sources internet ;

- les capacités d’utilisation des nouvelles technologies pour la réalisation de projets associant différents acteurs ou partenaires au-delà de la salle de classe ;

- les compétences nécessaires à l’usage des nouveaux médias pour la présentation de synthèses, de résultats de recherches, etc. ;

- le dialogue entre les enseignants d’histoire, les concepteurs de programmes et de matériel pédagogique, et les professionnels des médias.

Les compétences plus spécifiquement liées à l’apprentissage de l’histoire de l’autre

Un effort devrait être fait, par une pédagogie adaptée, pour favoriser l’acquisition des compétences, des capacités et des attitudes suivantes :

- manifester de l’intérêt et de la curiosité pour l’histoire ;

- avoir une conscience globale quant à l’interdépendance des cultures ;

- être sensible aux cultures et aux convictions des autres ;

- savoir percevoir la diversité culturelle comme une richesse partagée ;

- être capable de situer sa culture dans un contexte plus large ;

- être en mesure d’identifier les stéréotypes et les préjugés ;

- savoir entendre et respecter d’autres points de vue, et être ouvert au dialogue ;

- être capable de maîtriser ses émotions et savoir accepter l’expression de celles des autres ;

- être capable de distinguer ce qui relève de faits, de jugements ou d’interprétations de l’histoire, et par là savoir tirer ses propres conclusions ;

- être capable d’élaborer des jugements critiques argumentés ;

- être capable de comprendre, de comparer, d’analyser des sources de nature et d’origines diverses.

Rôles, compétences et formation des enseignants en histoire

Les réformes de l’enseignement de l’histoire rendues nécessaires par l’évolution des contextes dans lesquels elles se déroulent reposent en grande partie sur une profonde transformation du rôle des compétences et donc de la formation des futurs enseignants d’histoire.

Il conviendrait :

- d’associer autant que possible les enseignants de tous les niveaux à toutes les étapes de l’élaboration d’un projet de réforme ;

- de poursuivre et de renforcer les efforts souvent déjà entamés dans la formation universitaire des futurs enseignants en histoire pour y intégrer une solide et profonde formation pédagogique incluant une expérience pratique ;

- de concevoir la formation des enseignants d’histoire de façon cohérente entre la phase initiale et leur formation continue ;

- de se donner les moyens de suivi, d’évaluation et d’expérimentation permettant à l’enseignement de l’histoire et à la formation des enseignants de rester en phase avec les évolutions et les mutations des contextes ;

- de s’assurer que les futurs enseignants d’histoire maîtrisent suffisamment eux-mêmes les attitudes et les compétences interculturelles que l’on souhaite voir acquises par les élèves ;

- de permettre aux enseignants, par une formation adéquate, d’acquérir les compétences nécessaires au transfert de celles-ci dans le cadre de la salle de classe, à savoir :

· maîtriser l’approche comparative et la vision plurielle de l’histoire, la capacité à organiser des débats et à modérer la confrontation des points de vue ;

· maîtriser les bases de la formation à l’analyse des images sous toutes leurs formes ;

· être capable d’appliquer des méthodes actives et interactives au sein de la classe ;

· être sensibilisé à l’intérêt et aux conditions de développement de partenariats au sein de l’école et avec d’autres acteurs de l’apprentissage de l’histoire au-delà du monde scolaire proprement dit ;

· être capable d’évaluer les processus d’apprentissage de l’histoire, en particulier par rapport aux critères de la maîtrise de l’interculturalité ;

· être motivé à se former de façon continue ;

· maîtriser suffisamment les nouvelles technologies de l’information et savoir en exploiter et en critiquer tous les potentiels pour la recherche, la critique des sources et les moyens qu’elles mettent à disposition pour l’établissement de réseaux de coopération ;

· savoir développer des approches multidisciplinaires.

Ouverture de l’école et partenariats

Dans un contexte social et culturel complexe et en évolution permanente, et afin de mobiliser l’ensemble des institutions contribuant à l’enseignement et à l’apprentissage de l’histoire tout au long de la vie, il conviendrait :

- de favoriser la collaboration entre l’école et les autres acteurs de l’enseignement de l’histoire dans la communauté tels que les musées, les centres et les services culturels, les médias locaux, les bibliothèques, les centres d’archives, les lieux de mémoire et les associations locales actives dans les domaines touchant à l’histoire ;

- d’encourager les autres acteurs à développer des services éducatifs, en particulier dans les musées d’histoire ;

- de mettre en place des formations communes aux enseignants et aux animateurs de ces services éducatifs afin d’assurer une cohérence quant aux objectifs et aux méthodes, et de se familiariser au potentiel, mais aussi aux difficultés, de la mise en œuvre de partenariats.

Dimension internationale

Afin de concrétiser les approches plurielles, l’identification et la déconstruction des stéréotypes et des autres images inadéquates de l’autre, et de concrètement prendre en compte les implications de la mondialisation dans l’enseignement de l’histoire, il conviendrait :

- de favoriser le développement de nouvelles méthodes pédagogiques en vue de renforcer la communication interculturelle par l’éducation ;

- de soutenir par les moyens appropriés les échanges d’enseignants et le développement de réseaux internationaux, en particulier européens, d’associations d’enseignants, de musées d’histoire, d’associations ou d’autres instances à vocation historique ;

- d’encourager les établissements scolaires à mener, dans le cadre de l’enseignement de l’histoire, des projets internationaux entre établissements ou entre classes en mobilisant notamment les possibilités offertes par les nouvelles technologies de la communication ;

- de soutenir, dans chacun des Etats membres, l’organisation de séminaires « interculturels » d’histoire, européens ou internationaux, à l’intention des enseignants en histoire ;

- d’encourager et de soutenir les enseignants en histoire à participer et à contribuer à des formations européennes ou internationales.



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