Délégués des Ministres
    Documents CM

    CM(2003)48 2 avril 2003
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    838 Réunion, 30 avril 2003
    8 Jeunesse et Sport


    8.3 Comité directeur européen pour la jeunesse (CDEJ)

    Rapport abrégé de la 30e réunion (Strasbourg, 18 et 20 février 2003)

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    1. Le Comité Directeur Européen pour la Jeunesse (CDEJ) a tenu sa 30ème réunion à Strasbourg, les 18 et 20 février 2003. La réunion était présidée par M. Daniel Menschaert (Belgique) nouvellement élu. L'ordre du jour, tel qu'adopté, figure à l'annexe 1 1.

    2. Le CDEJ a élu Mme Astrid Utterström (Suède) comme Vice- Présidente, et a procédé au renouvellement partiel de son Bureau comme suit : Mme. Piret Talur (Estonie), M. Gabor Földvari (Hongrie) et M. Riccardo Venturini (Saint Marin) ont été élus pour une période de deux ans (2003-2004); M. Andrea Vitolo (Italie) et Mme. Tanja Tomic (“L'Ex-République yougoslave de Macédoine”) ont été élus pour une période d'un an (2003).

    3. Le CDEJ a procédé à un échange de vues au sujet du suivi de la 6ème Conférence des Ministres européens responsables de la Jeunesse (Thessaloniki, 7-9 novembre 2002), et souligné l'importance d'une contribution active des organes statutaires du secteur jeunesse à la mise en œuvre des décisions du Comité des Ministres à cet égard.

    4. Le CDEJ a approuvé un projet de recommandation sur la reconnaissance et la promotion de l'éducation non-formelle des jeunes, et convenu de la soumettre au Comité des Ministres pour adoption (voir annexe 2). Les Comités de l'Education, et de l'Education Supérieure et de la Recherche respectivement ont activement contribué à la préparation du projet de recommandation.

    5. Le CDEJ a finalisé la préparation du programme intergouvernemental d'activités pour 2003, et dans ce cadre, a approuvé les mandats et la composition des différents groupes de spécialistes et comités restreints d'experts subordonnés chargés de la mise en œuvre dudit programme.

    6. Le CDEJ a procédé à un échange de vues au sujet du programme intergouvernemental d'activités pour 2004 et demandé à son Bureau de finaliser les propositions faites à cet égard.

    7. Le CDEJ a procédé à un échange d'informations au sujet des récents développements concernant les politiques de jeunesse dans les Etats membres.

    8. Le CDEJ a désigné huit de ses membres au Comité de Programmation (2003-2005).

    9. Suite à la demande du Comité des Ministres, le CDEJ a approuvé des commentaires au sujet de la Recommandation 1590 (2003) de l'Assemblée parlementaire sur la coopération culturelle entre l'Europe et les pays sud-méditerranéens (voir annexe 3).

    10. Le CDEJ soutenu à l'unanimité la demande du secrétariat du Commonwealth concernant la participation d'un représentant du Programme Jeunesse du Commonwealth aux réunions du CDEJ, et convenu de soumettre cette demande au Comité des Ministres (voir annexe 4).

    Annexe 1

    Ordre du jour

    1. Ouverture de la réunion

    2. Adoption du projet d'ordre du jour

    3. Election du Président

    4. Echange de vues avec le Directeur de la Jeunesse et du Sport

    5. Evaluation et suivi de la 6ème Conférence des Ministres européens responsables de la Jeunesse (Thessaloniki, 7-9 novembre 2002)

    6. Mise en œuvre du programme intergouvernemental d'activités en 2003 :

    - rapport de la réunion d'experts sur les politiques de jeunesse (19 décembre 2002) ;

    - état d'avancement de l'étude sur le fonctionnement des conseils nationaux de jeunesse et organes consultatifs de jeunesse ;

    - finalisation du projet de recommandation sur l'éducation non formelle en vue de sa soumission au Comité des Ministres ;

    - composition des comités restreints d'experts et groupes de spécialistes pour la mise en œuvre du programme ;

    - échange de vues sur les relations entre les politiques de l'enfance, de la famille et de la jeunesse.

    7. Priorités pour le programme intergouvernemental d'activités en 2004

    8. Information sur les récents développements concernant les politiques de jeunesse dans les Etats membres

    9. Préparation de la 8ème réunion du Conseil mixte pour la Jeunesse

    10. Renouvellement du Bureau

    11. Désignation des huit membres du CDEJ au Comité de Programmation pour la période 2003-2005

    12. Adoption du projet d'ordre du jour de la 31ème réunion du CDEJ

    13. Questions diverses

    14. Date et lieu de la prochaine réunion

    15. Adoption du rapport abrégé de la réunion

    Annexe 2

    Projet de Recommandation Rec(2003)…
    du Comité des Ministres aux Etats membres
    sur la promotion et la reconnaissance
    de l'éducation non formelle des jeunes

    (adoptée par le Comité des Ministres, le …,
    lors de la … réunion des Délégués des Ministres)

    Le Comité des Ministres, conformément à l'article 15.b du statut du Conseil de l'Europe,

    Eu égard aux objectifs du Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse et dans le domaine de l'éducation;

    Eu égard à la Déclaration finale adoptée par la 5e conférence des ministres européens responsables de la jeunesse à Bucarest (27-29 avril 1998), en particulier la référence à l'éducation non formelle, ainsi qu'à la Déclaration finale de la 6e Conférence (Thessalonique, 7-9 novembre 2002);

    Eu égard à la Recommandation 1437 (2000) de l'Assemblée parlementaire sur l'éducation non formelle;

    Considérant l'expérience et les réalisations du secteur de la jeunesse du Conseil de l'Europe en matière d'éducation non formelle, notamment les travaux du Comité directeur européen pour la jeunesse(CDEJ) et le Symposium sur l'éducation non formelle tenu au Centre européen de la jeunesse à Strasbourg du 12 au 15 octobre 2000;

    Eu égard à la Recommandation Rec(2002)6 du Comité des Ministres aux Etats membres sur les politiques de l'enseignement supérieur en matière d'éducation tout au long de la vie;

    Eu égard aux activités menées depuis 1999 par le Conseil de l'Europe dans le domaine de l'éducation à la citoyenneté démocratique, et à la Recommandation Rec(2002)12 sur ce thème, adoptée par le Comité des Ministres;

    Considérant le rôle important accordé à l'éducation non formelle dans le processus de Lisbonne et dans le débat actuel sur l'apprentissage tout au long de la vie au sein de l'Union européenne ainsi que dans Le Livre blanc de la Commission européenne «Un nouvel élan pour la jeunesse»; tenant compte de la coopération en cours entre le Conseil de l'Europe et l'Union européenne dans ce domaine;

    Convaincu que l'apprentissage tout au long de la vie a un rôle important à jouer pour réduire les inégalités et l'exclusion sociale, et pour promouvoir la participation active dans la vie démocratique; et que l'éducation non formelle peut contribuer à assurer toutes les connaissances et capacités dont les jeunes ont besoin pour réussir dans les sociétés contemporaines;

    Convaincu, au vu des transformations sociales et culturelles dues à l'émergence d'économies et de sociétés fondées sur le savoir en Europe et dans le monde,  de la nécessité de mobiliser tout le potentiel d'apprentissage disponible chez les enfants et les jeunes,

    1. Recommande que les gouvernements des Etats membres:

    a. réaffirment que l'éducation non formelle constitue aujourd'hui une dimension fondamentale du processus d'apprentissage tout au long de la vie et travaillent par conséquent pour le développement de normes efficaces de reconnaissance de l'éducation non formelle comme élément essentiel de l'éducation générale et de la formation professionnelle, et ce pour ce qui est de:

    – la qualification du personnel professionnel et volontaire, en charge des offres d'éducation non formelle;

    – la qualité de l'offre d'éducation elle-même;

    – le suivi des progrès d'apprentissage réalisés par les participants aux programmes d'éducation non formelle, tant individuellement que dans le cadre d'un groupe;

    b. soutiennent la création et l'utilisation d'un portfolio européen comme outil de description destiné à recenser les expériences, les compétences et les connaissances (résultats de l'apprentissage) acquises dans le cadre de l'éducation non formelle, en ayant à l'esprit l'exemple du Portfolio des langues européennes;

    c. promeuvent l'égalité des chances pour tous les jeunes, en particulier les groupes de jeunes socialement défavorisés, en créant des conditions d'accès équitables à l'éducation non formelle, afin de développer pleinement ses potentialités en matière de réduction des inégalités et d'exclusion sociale;

    d. encouragent activement les expériences novatrices d'éducation non formelle, en soutenant la production et la diffusion d'une documentation pertinente sur la pratique, les méthodes de formation et les acquis de l'éducation non formelle;

    e. mettent en place des mesures de soutien aux initiatives en matière d'éducation non formelle qui encouragent l'engagement et la contribution des jeunes à la promotion des valeurs telles que la citoyenneté active, les droits de l'homme, la tolérance, la justice sociale, le dialogue entre générations, la paix et la compréhension interculturelle;

    f. engagent activement le secteur de l'éducation non formelle, à côté des systèmes d'éducation formelle et de formation professionnelle, dans le développement d'un espace européen commun pour l'apprentissage tout au long de la vie;

    g. mettent à profit les potentialités de l'éducation non formelle comme moyen complémentaire de faciliter l'intégration des jeunes dans la société, en soutenant une participation accrue de ceux-ci, et notamment de ceux des pays en transition, à des programmes d'échanges européens appropriés;

    h. promeuvent le dialogue entre les acteurs de l'éducation formelle et ceux de l'éducation non formelle, et encouragent une meilleure compréhension des différentes approches en matière d'éducation non formelle dans les différents pays européens;

    i. soutiennent et développent les travaux de recherche existants sur l'éducation non formelle ainsi que l'utilisation de leurs résultats; encouragent la collecte et la diffusion d'exemples de bonnes pratiques dans le domaine de l'éducation non formelle, aux niveaux national et européen; et soutiennent à cet égard, la coopération entre le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ;

    j. fassent de l'éducation non formelle un élément significatif des politiques nationales de jeunesse et de la coopération européenne dans ce domaine;

    k. assurent les ressources humaines et financières adéquates pour la mise en œuvre et la reconnaissance de programmes d'éducation non formelle ainsi que de leurs résultats, afin de permettre à celle-ci d'avoir un espace adéquat au sein de la communauté éducative;

    2. Charge le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe de transmettre cette recommandation aux gouvernements des Etats parties de la Convention culturelle européenne qui ne sont pas membres du Conseil de l'Europe.

    Exposé des motifs

    Introduction

    Dans la déclaration finale de la 5e Conférence des Ministres européens responsables de la Jeunesse tenue à Bucarest (Roumanie) du 27 au 29 avril 1998, les ministres ont encouragé les Etats membres à promouvoir l'égalité des chances en reconnaissant la formation et les compétences acquises par les jeunes par le biais de l'éducation non formelle et en identifiant les diverses formes de validation des expériences et des qualifications acquises dans ce cadre.

    Par ailleurs, en 2000, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté une recommandation [1437 (2000)] sur l'éducation non formelle encourageant «tous ceux qui élaboreront les politiques éducatives à admettre que l'éducation non formelle fait partie intégrante du processus éducatif…» et « invitant les gouvernements et les autorités compétentes des Etats membres à reconnaître l'éducation non formelle en tant que partenaire de fait dans le processus d'éducation tout au long de la vie et dans la politique de jeunesse…».

    Au vu de ce qui précède, la recommandation ci-après vise à encourager les Etats membres à reconnaître et promouvoir l'éducation non formelle des jeunes comme élément à part entière du processus d'apprentissage, sur la base d'une compréhension commune de son concept et à instaurer les conditions et les critères les plus appropriés de sa reconnaissance (voir annexe).

    1. L'éducation non formelle devrait être reconnue comme dimension à part entière du processus d'apprentissage (paragraphes 1, 2 et 3 du projet de recommandation)

    a. Dans nos sociétés contemporaines de plus en plus complexes, caractérisées par la rapidité des mutations impliquant une plus grande diversification des besoins éducatifs et de formation, l'éducation non formelle joue un rôle de plus en plus important au sein du processus d'apprentissage tout au long de la vie.

    b. L'éducation non formelle mérite donc d'avoir pleinement sa place dans le domaine de l'éducation, à côté du secteur éducatif formel qui englobe les écoles, les universités et, en partie tout au moins, la formation professionnelle. Elle contribue, avec d'autres formes d'apprentissage, au développement personnel de l'individu et à sa préparation à participer activement dans la société civile et dans le monde du travail. L'éducation non formelle représente un complément à l'éducation formelle et une valeur ajoutée au sein du processus d'apprentissage. Outre le fait qu'elle se tient « en dehors de l'école », l'éducation non formelle privilégie l'apprentissage social tout en l'associant à l'apprentissage individuel ; elle est proche des préoccupations réelles, elle est expérimentale et prend appui sur l'expérience. De plus, elle est intentionnelle, fait appel à une démarche volontaire, est participative et centrée sur l'apprenant. De surcroît, grâce à la diversité de ses structures et méthodes, elle offre des possibilités supplémentaires pour apporter des réponses diversifiées à des besoins éducatifs ou de formation nouveaux ou émergents, et pour travailler avec les jeunes confrontés à l'échec scolaire, par exemple. Aussi est-il important de valoriser l'éducation non formelle et de renforcer les liens avec l'éducation formelle, y compris en ce qui concerne la reconnaissance des qualifications de l'éducation non formelle.

    c. Toutefois, une coopération plus étroite entre l'éducation non formelle et formelle ne doit en aucune façon s'achever par une formalisation de l'éducation non formelle. Valider de façon trop contraignante et systématique les compétences acquises dans des cadres d'éducation non-formelle risquerait d'aboutir à des systèmes d'évaluation qui «tuent» l'esprit de l'éducation non formelle et qui rebutent ceux qui ont le plus besoin de soutien. C'est pourquoi il convient de réfléchir aux différentes possibilités et modalités de coopération entre l'éducation non formelle et formelle dans le but de définir des critères et standards les plus appropriés pour la reconnaissance et la validation des expériences et compétences acquises dans le cadre de l'éducation non formelle.

    2. L'éducation non formelle est une forme d'apprentissage efficace pour fonctionner dans les sociétés et les économies fondées sur le savoir (paragraphes 6 et 8 du projet de recommandation)

    On pourrait faire valoir que l'éducation formelle est la plus efficace de toutes les formes d'apprentissage car elle obtient notamment le maximum de reconnaissance sociale et institutionnelle, en particulier du marché du travail. Toutefois, à la lumière du point 1 ci-dessus, il apparaît que l'éducation non formelle peut apporter une

    contribution importante à l'enrichissement de l'apprentissage tout au long de la vie en Europe, et dans une large mesure, le fait déjà. Les organismes européens et nationaux devraient davantage stimuler les possibilités offertes par l'éducation non formelle à cet égard, en développant un climat de confiance entre les acteurs de l'éducation formelle et non formelle et en encourageant une meilleure compréhension mutuelle.

    3. L'éducation non formelle est un bon moyen de développer et promouvoir les valeurs sociales de base chez les jeunes européens (paragraphe 5 du projet de recommandation)

    a. En raison du caractère volontaire et ouvert de l'éducation non formelle, les jeunes estiment qu'ils ont largement voix au chapitre dans les expériences d'apprentissage qu'elle offre. Il est donc important de contrecarrer une tendance que l'on peut observer dans le travail de jeunesse, à savoir orienter trop fortement voire exclusivement l'éducation non formelle sur les besoins du marché du travail. Dans un tel cas, l'éducation non formelle risque de souffrir des mêmes maux que l'on peut trouver dans l'éducation formelle: des apprenants démotivés et une faible participation.

    b. Les éléments de base de l'éducation non formelle des jeunes sont fortement orientés sur le développement personnel et l'accès à l'autonomie ; sur le développement social, la participation et la citoyenneté démocratique ainsi que sur les droits de l'homme, la promotion de la paix et la lutte contre tous les types de discrimination et d'exclusion sociale. De plus, l'éducation non formelle offre les moyens de mettre en pratique ces valeurs.

    c. Les valeurs centrales sont par définition générales, elles transgressent les sujets spécifiques qui composent souvent les programmes scolaires. Dans les «écoles normales» qui doivent travailler sous la contrainte du temps et d'autres restrictions, les élèves ont souvent moins de possibilités de discuter et, qui plus est, d'expérimenter la réalité des valeurs centrales. A cet égard également, l'éducation non formelle peut jouer un rôle complémentaire par rapport à l'éducation formelle.

    4. L'éducation non formelle offre des possibilités supplémentaires pour la compréhension interculturelle (paragraphes 5 et 7 du projet de recommandation)

    a. Bien que la production et la dissémination des connaissances deviennent de plus en plus globales, et que les jeunes européens sont, et seront davantage mobiles, l'éducation formelle est encore conçue et fonctionne selon des modèles nationaux (identitaires et culturels). C'est pourquoi, afin de dépasser ces limites nationales mentales et culturelles, les jeunes, en particulier les étudiants, se voient offrir des possibilités accrues de participer à des programmes d'échanges (Erasmus, ou Socrates, par exemple).

    b. Dans ce contexte également, le rôle de complémentarité joué par l'éducation non formelle par rapport à l'éducation formelle mérite d'être souligné. L'éducation non formelle présente l'avantage de ne pas être soumise aux mêmes contraintes institutionnelles que l'éducation formelle. Elle est donc en position favorable pour proposer à un large éventail de jeunes (ayant des niveaux d'éducation et des conditions sociales très différents) une variété d'expériences interculturelles susceptibles de faciliter leur intégration sociale et culturelle. Les jeunes jouent un rôle actif dans la construction européenne, en introduisant une dimension européenne dans leurs projets et en développant des partenariats internationaux durables. Le service volontaire transnational par exemple permet aux jeunes de s'engager dans les domaines de l'environnement, des arts, de la culture, de l'animation d'enfants et de jeunes ou des personnes âgées, des sports et des loisirs dans un pays différent du leur. Il leur offre la possibilité de travailler en groupe, avec des responsabilités, dans un contexte international. La participation de jeunes vulnérables ou confrontés à l'échec scolaire à ces programmes est positivement évaluée.

    5. L'éducation non formelle peut répondre à des besoins différents et peut avoir des fonctions différentes dans les pays en transition que dans les autres pays européens (paragraphe 7 du projet de recommandation)

    a. Dans les pays postcommunistes, les transitions de l'école à la vie professionnelle ont perdu leur uniformité. Du jour au lendemain, il n'y a pratiquement plus eu de biographie normale pour les jeunes afin de les mener, à travers l'éducation, directement à un marché du travail contrôlé par l'Etat avec la garantie d'un emploi. Les jeunes ont dû s'adapter à une situation entièrement nouvelle aux conséquences imprévisibles.

    b. Les caractéristiques principales des changements dans le domaine éducatif est la dépolitisation de l'éducation et la fin du monopole d'Etat, qui a permis la création d'écoles privées et confessionnelles. Dans le même temps, le travail et les associations de jeunesse ont été fortement dévalorisés, car ils avaient

    longtemps été contrôlés par l'Etat et le parti au pouvoir et dépourvus de leur atout principal : la participation volontaire. L'éducation non formelle doit donc s'établir comme un concept nouveau et attrayant, afin de convaincre les jeunes de la valeur de la participation.

    c. De nouveaux parcours sont devenus possibles, mais les transitions de l'école à la vie professionnelle sont devenues confuses et les salaires des jeunes ont fortement baissé. Beaucoup de jeunes européens de l'Est ne peuvent pas compter sur l'aide de l'Etat en cas de chômage et dépendent donc de leurs propres initiatives et de leurs parents. L'éducation formelle est pour eux à la fois une condition nécessaire pour augmenter leurs chances sur le marché du travail et un investissement très incertain à cause des forts taux de chômage des jeunes. Des projets et des programmes de formation dans le secteur de l'éducation non formelle peuvent aider des jeunes à trouver un emploi.

    d. De plus, l'éducation non formelle offre un outil adéquat pour développer l'éducation à la démocratie et aux droits de l'homme, ainsi que pour promouvoir l'éducation à la paix et au dialogue interculturel dans le contexte des régions affectées par des conflits récents.

    6. Les liens entre l'éducation non formelle et l'éducation formelle, doivent faire davantage l'objet de recherches aux niveaux national et européen (paragraphes 6, 8 et 9 du projet de recommandation)

    a. L'éducation formelle et l'éducation non formelle devraient être mieux associées afin de servir les jeunes Européens et de développer davantage la communauté des pays européens, mais l'établissement de tels liens n'est pas évidente et ne se fait pas tout seul. De nombreuses questions et problèmes restent ouverts et appellent une clarification. Un des principaux problèmes à résoudre est de savoir comment combiner les points forts des deux, éducation formelle et éducation non-formelle, et créer un nouveau cadre d'apprentissage pour les jeunes.

    b. A cet effet, le réseau européen de correspondants sur la recherche du secteur jeunesse du Conseil de l'Europe devrait être encouragé à développer le dialogue et la coopération avec des chercheurs de différentes disciplines scientifiques et de différentes régions européennes. Compte tenu des différences nationales et culturelles importantes entre les pays européens, la recherche devrait tenir étroitement compte des traditions éducatives nationales et instaurer un cadre éducatif global dépassant les programmes nationaux.

    7. Les méthodes d'éducation non-formelle et les formations professionnelles devraient être développées au niveau européen (paragraphes 1 (a), 4, 9 et 11 du projet de recommandation)

    a. Parallèlement aux systèmes nationaux de professionnalisation des éducateurs non formels, tous les pourvoyeurs de l'éducation non formelle au niveau européen devraient veiller à ce qu'une professionnalisation ait lieu également sur un niveau européen. Cela postule l'octroi de ressources adéquates pour la mise au point de nouvelles méthodes et de systèmes de reconnaissance qui se conforment aux traditions et réglementations nationales.

    b. Dans ce contexte, une attention particulière devrait être accordée à la promotion de la coopération entre le Conseil de l'Europe et l'Union européenne dans le domaine de la formation des responsables et travailleurs de jeunesse, et au développement d'indicateurs et de critères de qualité.

    8. L'éducation non formelle doit devenir partie intégrante des politiques européennes de jeunesse (paragraphes 10 et 11 du projet de recommandation)

    Depuis l'origine, l'action du secteur jeunesse du Conseil de l'Europe se place dans le cadre de l'éducation non formelle. La promotion de cette forme d'apprentissage, à travers les programmes pédagogiques des Centres européens de la jeunesse et du Fonds européen pour la jeunesse ainsi qu'à travers la coopération intergouvernementale, constitue une des priorités de ce secteur. L'expérience et les acquis de celui-ci dans ce domaine devraient être mis à profit pour inciter les Etats membres à inclure l'éducation non formelle comme un élément central de leurs politiques de jeunesse. Ces politiques devraient englober les éléments les plus importants et valables de l'expérience du secteur jeunesse concernant l'éducation non formelle, en particulier, apprendre de façon non coercitive, expérimenter de nouveaux contextes et relever de nouveaux défis, concevoir de nouvelles perspectives pour une vie dans les sociétés fondées sur le savoir, apprendre à participer activement dans des secteurs pertinents de la société (école, lieu de travail, communauté) et obtenir des qualifications qui contribuent à prévenir l'exclusion sociale.

    Annexe à l'exposé des motifs

    Pour une compréhension commune de l'éducation non formelle des jeunes

    Tandis qu'il existe peu de doutes au sujet de la définition de l'éducation formelle, l'éducation non formelle couvre un concept beaucoup plus large et moins bien défini. Le terme « éducation non-formelle »  est encore sujet à différentes interprétations selon les cultures, les traditions nationales et les objectifs politiques. Pour les besoins de ce texte, l'éducation non formelle diffère des systèmes formels ou traditionnels d'enseignement scolaire et supérieur par leurs structures, la façon dont elle est organisée et le type ainsi que la reconnaissance des qualifications que cet apprentissage confère. Elle est perçue comme complémentaire – plutôt que contradictoire ou alternative – à l'éducation formelle.

    De plus, l'éducation non formelle doit être vue dans le cadre des objectifs et méthodologies de la politique du Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse. Cette politique concerne principalement les jeunes dans une tranche d'âge se situant entre 15 à 29 ans et encourage plus particulièrement les organisations et réseaux de jeunesse à être des acteurs de l'éducation non formelle.

    Au regard des objectifs de la politique de jeunesse du Conseil de l'Europe, il est important de souligner que le concept d'éducation non-formelle associe aux objectifs d'acquisition de connaissances et de compétences, un ensemble de valeurs éthiques et sociales telles que : les droits de l'homme, la tolérance, la promotion de la paix, la justice sociale, le dialogue entre générations, l'égalité entre les hommes et les femmes, la solidarité et la citoyenneté démocratique et l'apprentissage interculturel par exemple. De plus, l'éducation non formelle met l'accent sur les méthodes participatives, l'apprentissage basé sur l'expérience, autonomie et la responsabilité.

    L'éducation formelle se tient dans les écoles, les lycées et les institutions d'enseignement supérieur. Elle dispose d'un curriculum et de règles de certification clairement définis. L'éducation non formelle est avant tout un processus d'apprentissage social centré sur l'apprenant, à travers des activités se tenant hors des systèmes d'éducation formelle, tout en étant complémentaire . L'éducation non formelle est un processus par définition volontaire et intentionnel (bien que ceci soit également vrai pour l'éducation formelle post-obligatoire), couvrant une vaste gamme de domaines d'apprentissage : travail de jeunesse, maisons de jeunes, associations sportives, service volontaire, syndicats et bien d'autres activités qui façonnent les expériences d'apprentissage et viennent compléter celles acquises à travers l'éducation formelle. En plus de se tenir « en dehors de l'école », l'éducation non formelle inclut également « une autre façon d'apprendre », et poursuit principalement des objectifs liés à l'intégration et à la participation active des apprenants dans la société dans tous ses aspects. Elle a donc souvent un contenu moins cadré et moins de « pouvoir de certification », ce qui lui confère une position sociale et financière plus faible.

    L'éducation non formelle doit aussi être différenciée de l'éducation informelle que l'on peut décrire comme un processus d'apprentissage issu de l'expérience sociale, sans intention éducative consciente (qui intervient au sein de la famille, des groupes de pairs, etc.) et dans lequel les acteurs sociaux qui la dispensent n'ont pas nécessairement reçu de formation pour devenir éducateurs.

    Bien que l'éducation non formelle ait un contenu et des règles de certification moins clairement définis en comparaison avec l'éducation formelle, il est cependant important de souligner qu'il s'agit en principe d'un processus structuré, basé sur des objectifs éducatifs et d'apprentissage, avec des formats d'évaluation et de certification efficaces, et qu'elle est dispensé par du personnel bien formé. Cependant, elle se distingue de l'éducation formelle par le fait que la certification des expériences et des compétences acquises n'est pas nécessairement soumise à l'obtention d'un diplôme au sens défini par les systèmes formels d'éducation et de formation.

    Les objectifs, de même que les méthodologies de l'éducation non formelle, prennent en considération le développement global de l'individu et, dans une large mesure, l'expérience personnelle de l'apprenant. Par conséquent, l'éducation non formelle, à bien des égards, offre un cadre approprié pour répondre aux aspirations et besoins individuels, et pour développer les compétences créatives, sociales et artistiques. Dans ce contexte, l'éducation non formelle contribue à développer un capital d'expériences auxquelles, de nos jours, de nombreux employeurs ne sont pas insensibles.

    Caractéristiques structurelles de l'éducation non formelle

    - se tient en dehors des structures des systèmes de l'éducation formelle et diffère de ceux-ci dans la façon dont elle est organisée et le type de reconnaissance que cet apprentissage confère ;

    - intentionnelle, volontaire ;

    - ayant pour objectif essentiel de véhiculer et de pratiquer les valeurs et les compétences de la vie démocratique.

    Caractéristiques essentielles de l'éducation non formelle

    - coexistence et interaction équilibrées entre les dimensions cognitives, affectives et pratiques de l'apprentissage ;

    - associant apprentissage individuel et social, relations solidaires et symétriques enseignant/apprenant orientées sur le partenariat ;

    - participative et centrée sur l'apprenant ;

    - proche des préoccupations réelles, expérimentale et orientée sur l'apprentissage via l'expérience, fondée sur les échanges et les rencontres interculturelles en tant qu'outils d'apprentissage.

    Valeurs de base prônées par l'éducation non formelle

    Va Valeurs liées au développement personnel

    - autonomie
    - développement de l'esprit critique
    - ouverture d'esprit et curiosité
    - créativité

    Valeurs liées au développement social

    - attitude d'ouverture et communication ;
    - participation et citoyenneté démocratique
    - solidarité et justice sociale
    - sens de la responsabilité
    - résolution de conflits/médiation

    Valeurs éthiques et humaines
    - tolérance et respect de l'autre
    - droits de l'homme
    - apprentissage et compréhension interculturels
    - éducation à la paix et à la non violence
    - égalité hommes-femmes
    - dialogue entre générations

    Compétences clés des praticiens de l'éducation non formelle

    - Utilisation de méthodes collégiales et participatives
    - Exploitation de la diversité en tant qu'outil positif d'apprentissage
    - Mise en place d'axes de réflexion entre le concret et l'abstrait, de façon à la fois à faciliter les processus d'apprentissage et à améliorer continuellement leur qualité
    - Connaissances au sujet de la vie et des cultures des jeunes en Europe.

    Annexe 3

    Commentaires du CDEJ concernant la Recommandation 1590 (2003) de l'Assemblée parlementaire sur la coopération culturelle entre l'Europe et les pays sud-méditerranéens

    Lors de sa 30ème réunion tenue les 18 et 20 février 2003, le CDEJ a examiné le projet de décision du Comité des Ministres concernant la Recommandation 1590 (2003) de l'Assemblée parlementaire sur la coopération culturelle entre l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée.

    Le CDEJ accueille favorablement la Recommandation 1590 (2003) et souhaite informer le Comité des Ministres des activités suivantes à mettre en en œuvre par le secteur jeunesse en 2003 et 2004 :

    Partenariat avec l'Union européenne sur la coopération euroméditerranéenne dans le domaine de la jeunesse

    Le secteur jeunesse du Conseil de l'Europe et la Commission européenne sont actuellement sur la point de finaliser l'élaboration d'une Convention qui servira de cadre pour la mise en œuvre d'un programme de deux ans (2003-2004), visant à offrir une formation de qualité et des possibilités d'apprentissage à des travailleurs et responsables de jeunesse impliqués dans des projets euroméditerranéens. Ce programme sera axé sur l'apprentissage interculturel, la citoyenneté et la participation des jeunes ainsi que l'éducation aux droits de l'homme. La Convention sera également mise en œuvre en coopération avec le Centre Nord-Sud.

    Le programme sera cofinancé à égalité par le Conseil de l'Europe (dans le cadre des budgets existants du secteur jeunesse) et la Commission européenne. Il comprendra les éléments suivants :

    - stage de formation sur l'apprentissage interculturel et l'éducation aux droits de l'homme en Méditerranée (2003) ;
    - stage de formation sur la participation des femmes et des minorités dans le développement de la citoyenneté et de la participation active des jeunes (2004) ;
    - stage de formation longue durée sur des projets axés sur la participation des jeunes et les échanges interculturels (2003-2004);
    - stage de formation pour formateurs, en coopération avec le Centre de ressource Euro-Med SALTO (2004);
    - production de matériaux pédagogiques et de formation (2004).

    Annexe 4

    Demande du secrétariat du Commonwealth concernant la participation d'un représentant du Programme Jeunesse du Commonwealth aux réunions du CDEJ

    SECRETARIAT DU COMMONWEALTH
    Programme Jeunesse du Commonwealth
    Division de l'Egalité et de la Jeunesse
    Marlborough House, Pall Mall, Londres SW1Y 5HX

    Lettre adressée à : M. Thrasos Thrasyvoulou
    Secrétaire exécutif, Youth Board
    62 Aglantzia Avenue, Aglantzia
    P.O. Box 20282, CY – 2150 NICOSIA

    Monsieur,

    Nous vous remercions de votre lettre datée du 13 novembre concernant la participation du CYP en tant qu'observateur aux réunions du Comité directeur européen pour la Jeunesse, Conseil de l'Europe.

    Nous vous confirmons que le CYP serait intéressé à participer à ces réunions en qualité d'observateur.

    Il serait fort apprécié si vous pouviez faciliter la participation du CYP à ces réunions.

    Nous vous remercions de votre assistance et, dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.

    IGNATIUS TAKAWIRA
    Conseiller spécial et Responsable de la Jeunesse
    Programme Jeunesse du Commonwealth
    (Unité jeunesse)

Note 1 Un rapport plus détaillé incluant notamment la liste des participants peut être obtenu auprès de la Direction de la Jeunesse et du Sport sous référence CDEJ (2003) PV 30 prove


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