CM(2001)74/ 756/ 5e session de la Conférence européenne des Ministres responsables du patrimoine culturel (Portorož, Slovénie, 6-7 avril 2001) - Rapport du Secrétaire Général

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Délégués des Ministres
Documents CM

CM(2001)74 (restricted) 17 mai 2001
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756 Réunion, 12 juin 2001
7 Education, culture

7.1 5e session de la Conférence européenne des Ministres responsables du patrimoine culturel (Portorož, Slovénie, 6-7 avril 2001)

Rapport du Secrétaire Général

 

 

Préparé par la Direction de La Culture et du Patrimoine Culturel et Naturel


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Introduction

 

1.         La 5ème session de la Conférence européenne des Ministres responsables du patrimoine culturel s'est tenue à Portorož ( Slovénie ) les 6 et 7 avril 2001 à l'invitation du Ministre slovène de la Culture.

 

2.         Ont participé à la conférence quarante et un Etats membres de la Convention culturelle européenne dont vingt-trois étaient représentés au niveau ministériel, les autres l'étant au niveau des hauts fonctionnaires.  

 

3.         Le thème de la 5ème Conférence était «  Le patrimoine culturel et le défi de la mondialisation ».

 

4.         Le Comité des Ministres était représenté  par son Vice-Président, M. l'Ambassadeur Pietro Ercole AGO, Représentant Permanent de l'Italie ; l'Assemblée Parlementaire par M. Jacques LEGENDRE, Sénateur ( France), Vice-Président de la Sous-Commission du Patrimoine architectural et par Mme Elena POPTODOROVA, députée ( Bulgarie) ; le Congrés des Pouvoirs locaux et régionaux  de l'Europe par M.Louis ROPPE, Conseiller et ancien maire de la Ville d'Hasselt (Belgique) et Mme Hélène LUND, membre de l'Association nationale des autorités locales du Danemark.

 

5.         Le Canada et le Mexique avaient également envoyé une délégation ainsi que l'UNESCO, l'ICOMOS et l'Association Europa Nostra.

 

6.         La liste des Chefs de délégation figure en Annexe II.

 

7.         La Conférence  a été ouverte avec l'allocution de M. Hans Christian KRÜGER,   Secrétaire-Général Adjoint du Conseil de l'Europe, suivie des interventions de M.Pietro Ercole AGO et de M. Jacques LEGENDRE. Conformément à la tradition des Conférences ministérielles, la présidence des débats a ensuite été assurée par Mme Andreja RIHTER,  Ministre de la Culture de la Slovénie, pays hôte, qui a, en introduction, présenté les objectifs de la conférence.

 

8.         L'Ordre du Jour de la Conférence comportait trois thèmes spécifiques qui ont fait l'objet de discussions au cours des séances de travail du 6 avril :

 

-           « Patrimoine et dynamique de marché »

-           « Patrimoine, dialogue et cohésion »

-           « Patrimoine, participation et partenariat »

 

9.         Une rencontre informelle des Ministres portant sur des questions d'actualité a donné lieu le 7 avril a un large échange de vues orienté par la Présidence vers les buts du programme du Conseil de l'Europe, les priorités des pays membres, et des actions à concevoir pour la région du sud-est de l'Europe. Quinze délégations sont intervenues autour de ces thèmes. Le Chef de la Délégation de la République  Fédérale de Yougoslavie a exprimé, à cette occasion, la satisfaction des Autorités de son pays d'être désormais impliquées dans les travaux de la Convention culturelle européenne et a souligné leur intention de s'engager dans les activités en matière de patrimoine culturel.

 

10.       Les débats ont largement rapproché la thématique du patrimoine culturel des objectifs politiques du Conseil de l'Europe, consistant à promouvoir un espace de paix et de démocratie à l'échelle du continent dans le respect de la diversité culturelle. Un accent particulier a été mis sur l'apport que peut constituer la compréhension des valeurs du patrimoine dans le renforcement du  dialogue entre les communautés culturelles. S'agissant de sensibilisation, la Délégation de la  Pologne a par ailleurs proposé (Annexe IV ) l'établissement d'une liste de sites d'identité européenne qui s'attacherait à des valeurs symboliques et spirituelles.

 

11.       Au cours de leur débat informel du 7 avril, les Ministres ont évoqué l'attente des pays vis-à-vis du Conseil de l'Europe dans les domaines de compétence qui sont les leurs. Ils ont souhaité attirer l'attention du Comité des Ministres sur une série de points :

 

i.         le Conseil de l'Europe est actuellement la seule organisation intergouvernementale travaillant à l'échelon paneuropéen et associant les administrations publiques responsables du patrimoine culturel. Son rôle est de ce fait irremplaçable en matière d'élaboration de principes normatifs, de suivi de la mise en œuvre des conventions, de conception et de diffusion des bonnes pratiques. L'Organisation est une exceptionnelle plate-forme d'échanges et d'innovation autour d'enjeux d'actualité auxquels sont confrontés l'ensemble des pays membres. Le patrimoine culturel, compris au sens le plus large, acquiert une importance nouvelle dans le contexte de la mondialisation dès lors qu'il apporte un élément d'identité et de différenciation face aux risques d'uniformisation. Simultanément le patrimoine culturel :

 

-           devient une ressource majeure de notoriété et de dynamisation des territoires dans une économie où le savoir et le savoir-faire l'emportent sur d'autres facteurs traditionnels de développement ;

 

-           constitue une ressource épuisable, bien commun d'intérêt général, qu'il faut savoir utiliser, comme le patrimoine naturel, de manière durable pour le bénéfice de tous et des futures générations. Des politiques adaptées aux données de la mondialisation doivent être formulées avant que la préservation de cette ressource soit mise en péril ;

 

-           apparaît comme un instrument essentiel pour l'orientation pacifique des relations intercommunautaires, qu'il s'agisse des relations entre pays ou entre les communautés de diverses origines vivant dans un même pays, en particulier dans les grands centres urbains de l'Europe. En effet, une connaissance et une compréhension mutuelle des diverses traditions culturelles s'exprimant dans le patrimoine semblent de nature à favoriser la prévention des conflits, à renforcer le lien social et à forger un sentiment d'appartenance commune qui devrait précisément se fonder sur l'attachement au « patrimoine commun » des valeurs du Conseil de l'Europe. Une première priorité concerne l'action auprès des jeunes générations. 

 

ii.         Il est nécessaire d'impliquer plus encore les Ministres spécialisés dans les actions de l'Organisation d'une part en donnant par exemple au Comité responsable du patrimoine culturel un statut de Comité directeur et d'autre part en revivifiant l'instrument des conférences ministérielles dans ce domaine, qui pourraient se réunir à l'avenir de manière moins espacée autour de thèmes importants d'actualité, ou de problématiques spécifiques à de grandes régions de l'Europe. Le Conseil de l'Europe peut jouer un rôle considérable de coordination à l'échelon international et d'incitation dans un secteur où les initiatives se multiplient désormais et où il apparaît nécessaire d'éviter le double emploi.

 

iii.         Le rôle de forum du Conseil de l'Europe, rendu plus opportun encore du fait de l'élargissement paneuropéen, devrait non seulement impliquer les rouages gouvernementaux mais aussi les ONG, la société civile et le milieu associatif. Un accent particulier aura été mis pendant toute la conférence sur la nécessité de développer l'implication de la société civile , notamment dans les nouveaux Etats membres. Ce rôle contribue à la promotion des pratiques démocratiques de base sur le terrain et relève de ce fait de l'ordre du jour politique de l'Organisation.

 

11.       A l'issue de la Conférence, les Ministres ont adopté 2 résolutions et une déclaration (annexe I) :

 

-          la Résolution n° 1 sur le « rôle du patrimoine culturel face au défi de la mondialisation » rappelle les valeurs spécifiques s'attachant aux biens culturels et un certain nombre de principes éthiques. Elle appelle le Conseil de l'Europe à poursuivre ses activités dans le domaine du patrimoine culturel et insiste sur la contribution du domaine au développement de la citoyenneté et de la démocratie.

 

-          la Résolution n° 2 sur « les activités futures du Conseil de l'Europe en matière de patrimoine culturel (2002-2005) » indique les axes de développement du programme de coopération à promouvoir par l'Organisation et met l'accent sur :

 

. l'importance de la fonction normative avec l'élaboration de textes de référence et la formulation d'orientations politiques répondant aux enjeux actuels constatés dans les pays membres ; il s'agira par exemple d'établir les responsabilités nécessaires à l'identification, l'entretien et l'accès aux biens culturels, indépendamment du contexte politique du moment, dans un esprit de réciprocité des droits et des obligations vis-à-vis de tous les patrimoines en Europe et en encourageant l'action et la coopération transnationale pour leur conservation ;

 

. la mise en œuvre d'une fonction « d'observatoire européen du patrimoine », réunissant des données sur l'application des politiques du patrimoine dans les pays membres et constituant un instrument de travail pour le suivi des conventions et des recommandations du Conseil de l'Europe. Utilisant l'outil du « Réseau européen du patrimoine » (European Heritage Network) et le support d'internet, cet instrument devrait être exploité pour la conception et l'adaptation de politiques du patrimoine, dans le contexte de la mondialisation et de la société de l'information ;

 

. la poursuite de la coopération technique et la conduite d'interventions sur le terrain en répondant aux demandes spécifiques exprimées par les pays en matière d'assistance législative ou dans d'autres domaines ;

 

. la redéfinition d'initiatives en matière de formation, de pédagogie et de sensibilisation pour répondre aux défis de la société européenne et notamment favoriser la compréhension mutuelle et la tolérance, faciliter l'intégration et la cohésion, impliquer davantage les citoyens dans les activités et décisions concernant le patrimoine. La prévention des conflits, le dialogue interculturel, l'enseignement de l'histoire sont des thèmes transversaux auxquels le secteur du patrimoine devrait apporter une contribution significative.

 

-          La « Déclaration sur le rôle des organisations bénévoles dans le domaine du patrimoine culturel » trouvait ses origines dans une conférence organisée en septembre 2000 à Oslo dans le cadre de la campagne « l'Europe, un patrimoine commun ». Cette déclaration précise le rôle et les responsabilités des organisations bénévoles et des pouvoirs publics et invite le Conseil de l'Europe à créer un  environnement favorable au développement des ONGs, par le biais du réseau HEREIN, les échanges et jumelages.

 

12.       Lors de la clôture de la conférence il a été convenu que le Ministre slovène de la Culture adresserait une correspondance au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe en vue de la communication au Comité des Ministres de l'opinion d'ensemble ressortant du débat de Portorož  sur l'avenir de la coopération européenne en matière de patrimoine culturel (Annexe III).

 


Annexe I

 

Textes Adoptés

 

 

I.         Résolution n° 1 sur le rôle du patrimoine culturel face au défi de la mondialisation

 

 

NOUS, Ministres européens responsables du patrimoine culturel,

 

I           NOUS FELICITONS des  progrès considérables, depuis la première conférence tenue à Bruxelles en 1969, de l'intérêt désormais porté au patrimoine culturel ;

 

II          EXPRIMONS notre satisfaction suite à l'adoption, aux niveaux national et transnational, de mesures adéquates de protection de notre patrimoine culturel européen commun et de la promotion ainsi que de la poursuite d'une politique européenne commune dans ce domaine au sein du Conseil de l'Europe ;

 

III        NOUS ENGAGEONS à entreprendre des actions concertées, afin de répondre aux enjeux économiques et politiques du nouveau siècle ;

 

IV        APPELONS L'ATTENTION de l'ensemble des pouvoirs publics et des décideurs économiques sur le rôle central de la sauvegarde et de la promotion du patrimoine culturel 

dans :

 

-          la mise en œuvre des objectifs du Conseil de l'Europe pour le renforcement de la démocratie, le maintien de la paix, le progrès social et le soutien de la diversité culturelle ;

 

-          la conception d'un modèle paneuropéen de développement face au défi de la mondialisation.

 

V         Dans cette perspective, NOUS INSISTONS sur les principes suivants :

 

1.         Patrimoine culturel et mondialisation

 

NOUS RECONNAISSONS, dans le contexte de la mondialisation, la valeur spécifique du patrimoine culturel et la nécessité de politiques préservant l'intérêt public qui s'y rattache  :

 

NOUS SOULIGNONS, par conséquent, la nécessité de :

 

a)         veiller à ce que, dans la société de l'information, chacun ait  un accès raisonnable à la connaissance, à la culture et au patrimoine culturel ;

 

b)         veiller à ce que le libre accès au patrimoine culturel soit régi par une approche éthique en matière de stratégie commerciale, y compris en renforçant la coopération internationale pour le contrôle et la lutte contre le trafic illicite ;

 

c)         sensibiliser les diverses communautés à la valeur de leur patrimoine culturel comme atout pour le développement durable et la qualité de la vie ;

 

d)         veiller à ce que la diversité du patrimoine culturel aux niveaux local, régional et national :

 

- donne à la population le sens profond de sa place et de son identité,

 

- lui apporte un atout de développement dans la concurrence économique mondiale,

 

- contribue à sa prospérité en renforçant la stabilité et la cohésion sociale qui encouragent l'investissement.

 

NOUS APPELONS les pouvoirs publics à adopter des mesures tendant à :

 

-          permettre aux communautés locales de se forger une identité et un sentiment d'appartenance grâce à une meilleure compréhension des valeurs matérielles, linguistiques et spirituelles du patrimoine culturel,

 

-          protéger et mettre en valeur l'authenticité et l'intégrité du patrimoine culturel,

 

-          préserver les métiers et les petites et moyennes entreprises spécialisées dans l'entretien et la restauration du patrimoine régional,

 

-          assurer un équilibre entre la formation aux nouvelles technologies ainsi que le développement et la transmission des savoir-faire traditionnels, favorisant la disponibilité et l'utilisation des matériaux et techniques traditionnels,

 

-          travailler en liaison avec les secteurs professionnels concernés dans une utilisation adéquate des industries culturelles et du tourisme, et garantir la qualité des formations et l'adoption d'un code de déontologie pour prévenir toute manipulation,

 

-          encourager l'échange international des expériences et des pratiques dans une approche interdisciplinaire  de manière à répartir équitablement à travers  l'Europe, les compétences  en matière de conservation du patrimoine,

 

-          concevoir un modèle de développement durable, à la fois démocratique et équitable sur le plan international, venant contrebalancer la contribution irremplaçable du marché et de l'investissement privé, en liaison avec les politiques promues par l'UNESCO et le Conseil de l'Europe.

 

2.         Promotion de la compréhension mutuelle et de la cohésion

 

Reconnaissant que

 

-          la diversité du paysage de l'Europe a une dimension culturelle perçue par le public et qui forme son environnement culturel,

 

-          la sauvegarde et le développement de la diversité culturelle sont des éléments constitutifs de l'identité des communautés et des individus,   

 

NOUS SOMMES CONVAINCUS que

 

a)         Les individus et les communautés ont un droit fondamental à définir eux-mêmes leur identité, à connaître leur histoire et à modeler leur futur à travers leur patrimoine. S'ils ont le droit d'apprécier leur propre patrimoine, ils ont aussi le devoir de respecter celui des autres individus et communautés en reconnaissant  l'intérêt commun du  patrimoine dans son ensemble ;

 

b)         Les valeurs associées à l'environnement culturel de l'Europe

 

-          constituent la base de la compréhension mutuelle et contribuent à la prévention des conflits,

 

-          limitent les risques d'uniformisation inhérents à la mondialisation,

 

-          établissent des normes de qualité en vue d'améliorer l'environnement, et

 

-          constituent un catalyseur de la créativité.

 

c)         NOUS APPELONS les pouvoirs nationaux, régionaux et locaux à :

 

-          promouvoir une conservation intégrée du patrimoine culturel, respectant les apports passés et présents des diverses communautés, leurs cultures et leurs conceptions,

 

-          élaborer des politiques du patrimoine qui favorisent, préservent et mettent en valeur l'identité des individus et des communautés, ainsi que la diversité culturelle,

 

-          garantir le droit des communautés, de leurs membres et des organisations non gouvernementales à participer de manière appropriée aux processus de consultation et de décision concernant le patrimoine,

 

-          encourager une liberté d'accès au patrimoine qui  respecte la vie privée et les valeurs culturelles,

 

-          prendre des mesures concrètes de sensibilisation à l'importance de la diversité culturelle  fondée sur la compréhension mutuelle ;

 

et les pouvoirs nationaux en particulier, à

 

-           développer la coopération et les accords internationaux et  transfrontaliers entre Etats, sur la base d'une responsabilité partagée de la sauvegarde et de la mise en valeur du  patrimoine propre de chaque communauté concernée,

 

-           encourager les contacts transfrontaliers et les projets communs entre les communautés et les citoyens de pays voisins,

 

-           favoriser la participation à ces projets, d'organisations non gouvernementales et d'experts issus de ces communautés,

 

En conséquence,

 

NOUS ESTIMONS que les politiques en matière de patrimoine culturel  devraient viser à préserver la diversité culturelle et à favoriser le dialogue interculturel, et qu'elles devraient être concentrées sur des initiatives dans le domaine de l'éducation, de la formation permanente et de la sensibilisation, et

 

NOUS REAFFIRMONS que l'enseignement de l'histoire devrait être fondé sur la compréhension et l'explication du patrimoine, enjeux majeurs  pour la formation des futurs citoyens de l'Europe. L'enseignement de l'histoire ne saurait se limiter à un commentaire des patrimoines nationaux ou locaux, mais devrait mettre en relief le caractère transnational du patrimoine.

 

3.         La contribution du patrimoine à la citoyenneté et à la démocratie

 

Reconnaissant que l'environnement culturel, à l'instar de l'environnement naturel, est un cadre idéal pour la participation des citoyens, nous APPELONS les pouvoirs publics à

 

a)         associer le public et les communautés, aux côtés des professionnels, à l'identification et à la protection du patrimoine culturel ;

 

b)         mettre en place le cadre juridique, financier et professionnel nécessaire à l'action concertée des experts, des propriétaires de biens fonciers , des investisseurs, des entreprises et de la société civile ;

 

c)         développer la notion de partage des responsabilités en intégrant la dimension patrimoniale dans les stratégies économiques, sociales et éducatives, afin de favoriser la gestion durable de l'environnement ;

 

d)         encourager par des mesures et des incitations adéquates étant donné que les fonds publics sont nécessairement limités :

 

-           le marché à parrainer le patrimoine et à investir dans ses aspects les moins rentables,

 

-           la société civile à jouer un rôle croissant dans le domaine du patrimoine le plus large tel que perçu aujourd'hui par l'opinion.

 

NOUS SOULIGNONS le fait que la participation des citoyens n'est pas seulement opportune du point de vue culturel et patrimonial, mais qu'elle reflète un développement de la citoyenneté sur le terrain répondant à  l'objectif du Conseil de l'Europe de renforcer les pratiques de la démocratie.

 

4.         Mise en valeur de l'environnement culturel et mission éthique du Conseil de l'Europe

 

Reconnaissant que l'ensemble de l'environnement culturel européen englobe simultanément des valeurs de marché et des valeurs culturelles, NOUS RECOMMANDONS VIVEMENT à nos gouvernements et au Conseil de l'Europe d'élaborer et de promouvoir :

 

-           une éthique s'appliquant aux stratégies de développement du marché mondial qui, tout en recherchant la prospérité, reconnaissent la dimension publique inhérente à la préservation durable du patrimoine culturel, à son authenticité et à son intégrité ;

 

-           des politiques de qualité en matière d'architecture contemporaine, adaptées à l'environnement et indispensables à la création d'un  patrimoine du futur ;

 

-           des mesures décourageant les répliques d'édifices et de structures disparus sauf si elles s'avèrent compatibles avec la préservation de l'intégrité du patrimoine culturel ;

 

-           des mesures propres à encourager l'entretien régulier du patrimoine ;

 

-           des politiques d'aménagement du territoire prenant en compte les valeurs de l'environnement culturel et incluant les apports de toutes les périodes de l'histoire et de l'ensemble des communautés culturelles ;

 

-           la coopération culturelle sous l'égide du Conseil de l'Europe, en reconnaissant le rôle indispensable qu'il joue dans l'identification des changements de société, dans la formulation de démarches éthiques et dans la conception de politiques inter-sectorielles, afin de matérialiser les principes démocratiques  qui sont le patrimoine commun de l'Europe.

 

SOUHAITONS renforcer la coopération entre le Conseil de l'Europe, l'Union Européenne, l'UNESCO et l'ICCROM et associer nos Etats membres dans le processus de décision sur la coopération ;

 

DEMANDONS au Conseil de l'Europe de développer les instruments nécessaires à la mise en oeuvre des principes précités ;

 

INVITONS le Secrétaire Général à transmettre les résolutions adoptées à l'occasion de la 5e Conférence ministérielle aux organes compétents du Conseil de l'Europe et aux autres organisations internationales, et à les informer des actions prises en conséquence ;  

 

II.        Résolution n° 2 sur les activités futures du Conseil de l'Europe en matière de patrimoine culturel, 2002-2005

 

NOUS, Ministres européens du patrimoine culturel :

 

I           FELICITONS le Conseil de l'Europe pour son apport considérable à  l'amélioration de la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine dans les Etats membres ;

 

II          SOULIGNONS le concours apporté par l'Organisation à la conception de politiques du patrimoine, à l'adaptation des législations ainsi qu'à la création de réseaux européens de coopération et de perfectionnement professionnel ;

 

III        dans le cadre des activités entreprises au titre de la Convention culturelle européenne, des Conventions de Grenade (1985) et de La Valette (1992), dans la perspective de l'application de la Convention européenne du paysage (2000), et en prenant acte de toutes les initiatives lancées dans le secteur du patrimoine culturel, en particulier, récemment, la Campagne « l'Europe, un patrimoine commun » ;

 

NOUS REJOUISSONS de la création du Réseau européen du Patrimoine et de la poursuite des activités d'assistance technique, qui contribuent à faire du patrimoine culturel commun l'un des piliers de la coopération culturelle européenne dans la société de l'information ;

 

NOUS ACCORDONS sur le rôle spécifique qui incombe au Conseil de l'Europe dans l'identification, la mise en évidence et la promotion des fonctions sociétales du patrimoine culturel, qu'il s'agisse du progrès dans  les domaines des relations intercommunautaires, de la démocratisation ou de la cohésion sociale ;

 

SOULIGNONS que la sauvegarde et l'utilisation du patrimoine culturel, en tant qu'atout pour le développement et facteur de cohésion sociale, devraient contribuer aux objectifs du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est concernant la démocratisation, le développement durable, la coopération et la sécurité ;

 

DEMANDONS au Comité des Ministres d'inviter le Comité du Patrimoine Culturel à bâtir et mettre en oeuvre un programme pour la période 2002-2005 visant les activités suivantes  :

 

1.         Textes de référence

 

Adapter les méthodes de « gouvernance » à travers la mise au point de textes de référence dans le domaine du patrimoine culturel, et notamment :

 

a)         élargir le concept de patrimoine à la notion d'environnement culturel et répondre à la nécessité de défendre les valeurs culturelles (y compris matérielles, non-matérielles et spirituelles) telles qu'elles sont perçues par l'opinion ;

b)         établir les responsabilités nécessaires à l'identification, l'entretien et l'accès aux  biens culturels, indépendamment du contexte politique du moment, dans un esprit de réciprocité des droits et des obligations vis-à-vis de tous les patrimoines en Europe et en encourageant l'action et la coopération transnationales pour la conservation ;

 

c)         promouvoir des politiques non discriminatoires et de nature éthique pour l'accès du public aux informations sur le patrimoine culturel, en encourageant l'utilisation des médias électroniques mais en définissant des politiques de lutte contre un trafic illicite d'œuvres d'art qui pourrait être favorisé par un accès plus facile à l'information ;

 

d)         concevoir une stratégie et mettre en œuvre un programme en vue de la mise à jour progressive et du renforcement des Conventions et Recommandations antérieures et autres textes normatifs ainsi que leur diffusion effective ;

 

e)         établir des principes pour la reconstruction des monuments culturels endommagés ou détruits et pour favoriser l'entretien régulier du patrimoine culturel.

 

f)          dans le cadre de la Convention européenne du paysage, développer des normes minimales d'inventaire du paysage culturel.  

 

2.         Le Réseau européen du patrimoine (HEREIN)

 

Créer à titre permanent le Réseau européen du Patrimoine dans le cadre du Conseil de l'Europe, à travers une structure à définir en consultation avec les Etats membres et avec l'aide soutenue de multiples partenaires y compris la Fondation européenne pour les métiers du patrimoine (FEMP), qui pourrait être placée officiellement sous les auspices du Conseil de l'Europe. Ce réseau devrait notamment  :

 

a)         offrir au public une source de données et d'expériences fondamentales et authentiques sur la gestion du patrimoine culturel en Europe ;

 

b)         jouer un rôle « d'observatoire » afin d'analyser et de prévoir les avantages que peut tirer du patrimoine culturel une société en mutation rapide ;

 

c)         faciliter le suivi du développement  des politiques du patrimoine et de leur conformité avec les Conventions ;

 

d)         entretenir et développer des réseaux de coopération en matière de patrimoine, et favoriser la coopération transnationale, en particulier dans le domaine de l'archéologie et de la lutte contre le trafic illicite en matière de patrimoine culturel ;

 

e)         créer un portail du patrimoine culturel en vue de diffuser efficacement l'information à l'ère de l'électronique, de faciliter la constitution de forums professionnels interactifs et de réseaux de données, et d'encourager les personnes, surtout les jeunes, à s'intéresser à un patrimoine authentique.

f)          veiller aux évolutions technologiques pour faciliter le développement d'une société d'information respectueuse de la diversité culturelle et linguistique en Europe via

 

-          une réflexion commune sur les questions juridiques liées à l'utilisation des images numériques du patrimoine,

 

-          l'identification d'outils méthodologiques facilitant l'inter-opérabilité des bases de données scientifiques et la création de produits multimédia spécifiques.

 

3.         Coopération technique et actions sur le terrain

 

A partir des acquis du Programme de coopération et d'assistance technique du Conseil de l'Europe et selon une approche transversale intégrant l'environnement bâti, le paysage et le patrimoine archéologique qui s'y rapporte, les activités futures devraient :

 

a)         répondre aux demandes spécifiques de coopération et d'assistance exprimées par les Etats ;

 

b)         promouvoir l'usage de critères communs dans la préparation et dans la mise à jour de la documentation sur le patrimoine ;

 

c)         accompagner, au besoin, la réforme des modes de gestion et de planification et celle du cadre administratif et juridique ;

 

d)         diffuser sur le terrain, à travers des actions concrètes, les principes et les valeurs éthiques du Conseil de l'Europe énoncés dans les textes de référence, tout en faisant remonter l'information en vue d'alimenter les travaux de réflexion de l'Organisation.

 

4.         Enseignement, formation et sensibilisation

 

S'inspirant de l'expérience acquise et des instruments existants, les activités futures du Conseil de l'Europe devraient :

 

a)         mettre en lumière la diversité du patrimoine matériel et immatériel commun de l'Europe en encourageant une lecture transnationale de l'histoire, de la réalité européenne, son devenir et l'éducation à la citoyenneté démocratique ;

 

b)         utiliser les Journées européennes du patrimoine dans cette perspective en développant en particulier les activités transfrontalières et une plus grande implication des jeunes ;

 

c)         déboucher sur une initiative concernant l'éthique et les techniques de communication et d'explication, à l'intention des diverses catégories de spécialistes du patrimoine qui sont en contact avec le public ;

 

d)         promouvoir, en particulier auprès des jeunes, la relève et le maintien des savoir-faire traditionnels et de niveaux de qualification similaires à l'échelon européen facilitant le libre échange et la circulation des savoir-faire traditionnels.

 

NOUS, Ministres européens du patrimoine,

 

demandons qu'un programme de mise en oeuvre soit établi et diffusé rapidement ;

 

nous engageons à examiner le soutien que nous pouvons offrir à ces activités et à leur assurer la plus large participation possible.

  

III.      Déclaration sur le rôle des organisations bénévoles dans le domaine du patrimoine culturel

 

Introduction

 

A leur 4e réunion à Helsinki en 1996, les Ministres responsables du patrimoine culturel ont décidé de se pencher sur la situation des organisations bénévoles intéressées par la protection du patrimoine culturel. Le Comité du Patrimoine Culturel du Conseil de l'Europe a repris le sujet à son compte et a incorporé cette activité dans son programme de travail. Ce processus  a conduit à  la première Conférence européenne sur les organisations bénévoles dans le domaine du patrimoine culturel, organisée sous les auspices du Conseil de l'Europe, du Ministère norvégien de l'Environnement, de la Direction norvégienne du Patrimoine Culturel ainsi que de la Fortidsminneforeningen (Société des monuments historiques), fondée en 1844, sans doute l'association la plus ancienne dans ce domaine.

 

Pour beaucoup, la conférence, qui a rassemblé 170 participants venus de 34 pays, a donné un nouvel élan au développement du travail bénévole consacré au patrimoine. Cependant, les véritables résultats de la conférence ne pourront être appréciés qu'en fonction de l'écho que ses idées auront dans les pays membres du Conseil de l'Europe. Les participants ont eu des discussions approfondies, qui ont abouti à un accord général sur certains principes fondamentaux du secteur bénévole dans les sociétés démocratiques modernes. Il a aussi été proposé d'inscrire ces principes dans un document officiel, qui, dans la perspective de la 5e Conférence des Ministres responsables du patrimoine culturel, prévue en avril 2001 en Slovénie, revêt la forme d'une déclaration des Ministres.

 

Les principes énoncés dans le projet suivant sont tous fondés sur ceux fondamentaux du respect des droits de l'homme, de la prééminence du droit et de la démocratie pluraliste qui s'imposent déjà à l'ensemble des Etats membres du Conseil de l'Europe en raison de leur appartenance à l'Organisation.

 

Projet de déclaration de Portorož sur le rôle des organisations bénévoles dans le domaine du patrimoine culturel

 

Réunis les 6-7 avril 2001 à Portorož (Slovénie) pour leur 5e Conférence européenne, les Ministres responsables du patrimoine culturel des Etats parties à la Convention culturelle européenne,

 

-        rappelant l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'homme qui garantit à toute personne le droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'association,

 

-        tenant aussi compte de l'article 10 de la même Convention, concernant le droit de toute personne à la liberté d'expression,

 

-                rappelant l'article 14 de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine architectural de l'Europe,

 

-        réaffirmant la déclaration faite par les Ministres responsables du patrimoine culturel lors de la 4e Conférence européenne en 1996 à Helsinki selon laquelle "le rôle des organisations bénévoles devrait être effectivement favorisé, utilisé et encouragé en en tenant compte de l'apport important des initiatives et structures volontaires dans la construction d'une société démocratique",

 

-        considérant le fait que l'année 2001 a été proclamée « Année internationale des Volontaires » par les Nations Unies,

 

-        se référant à la Convention des Nations Unies sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement,

 

-        se référant à la Recommandation 1496 (2001) adoptée par l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe le 24 janvier 2001 sur l'amélioration du statut et du rôle des volontaires,

 

-        soulignant l'importance des conclusions de la première Conférence européenne sur les organisations bénévoles intéressées par le patrimoine culturel, qui s'est tenue du 21 au 24 septembre 2000 à Oslo,

 

-        reconnaissant en même temps que la principale responsabilité en matière de protection du patrimoine culturel incombe aux autorités gouvernementales,

 

ADOPTENT LA DECLARATION SUIVANTE SUR LE ROLE DES ORGANISATIONS BENEVOLES DANS LE DOMAINE DU PATRIMOINE CULTUREL

         

Nous, Ministres du patrimoine culturel

 

CONVENONS que les principes généraux valables pour l'ensemble des organisations bénévoles sont aussi valables pour celles qui oeuvrent dans le domaine du patrimoine culturel ;

 

DEMANDONS aux autorités publiques des Etats membres de fonder leur action relative au travail bénévole sur les  principes suivants :

 

1.         L'existence des organisations bénévoles est importante pour bâtir et consolider les sociétés fondées sur un système démocratique pluraliste.

 

2.         Les organisations bénévoles inspirées par les principes démocratiques sont capitales pour l'éducation de la population à une démocratie véritable.

 

3.         Le droit de créer des organisations bénévoles est une partie intégrante des droits de l'homme et devrait être encouragé par tous les gouvernements.

 

4.         Les organisations bénévoles devraient bénéficier d'une totale liberté d'expression tout en respectant les limitations nécessaires dans une société démocratique.

 

5.         Les organisations bénévoles doivent avoir accès à l'information nécessaire en vue de faciliter leurs actions dans le suivi et la critique constructive des politiques de protection du patrimoine conduites par les autorités publiques.

 

6.         Les organisations bénévoles devraient être mises en situation de pouvoir participer aux processus de décision en ce qui concerne par exemple la planification physique et l'établissement de listes de protection des monuments et des sites.

 

7.                  Les organisations bénévoles devraient être incitées à relayer l'action des gouvernements et d'autres institutions publiques en assumant des responsabilités qui ne relèvent pas d'ordinaire ou d'office de ces institutions.

 

8.         Les gouvernements devraient inciter les organisations bénévoles à participer activement à la prévention des conflits, en respectant la diversité culturelle et en encourageant  la protection de la culture des autres.

 

9.         La création et le travail des organisations bénévoles ne devraient aucunement être gênés par une mauvaise gestion bureaucratique.

 

10.       Dans la mesure du possible, les autorités publiques devraient prendre des mesures financières venant encourager et aider le développement des organisations bénévoles.

 

11.       Des soutiens financiers devraient être alloués aux organisations bénévoles sans que soit limitée leur possibilité de remplir un rôle de critique constructive des politiques gouvernementales.

 

12.       Les systèmes d'aide financière devraient être transparents et aisément accessibles en vue d'assurer un contrôle de l'affectation démocratique des ressources disponibles.

 

13.       Les organisations bénévoles sont essentielles pour diffuser auprès du grand public les connaissances dans leur domaine.

 

14.       La coopération entre les organisations travaillant pour le patrimoine culturel et celles intervenant dans d'autres domaines devrait être encouragée afin de favoriser une politique cohérente et intersectorielle visant la conservation de l'ensemble de l'environnement.

 

15.       Les organisations bénévoles devraient établir leur crédibilité à travers leurs résultats, leur niveau de qualité et leur aptitude à exercer des responsabilités.

 

16.       Les organisations bénévoles doivent respecter la législation dans leur domaine, mais devraient être invitées à proposer, si nécessaire, des améliorations.

 

17.       Les organisations bénévoles devraient pouvoir bénéficier de formations afin de renforcer leurs compétences dans une participation active à la protection du patrimoine culturel par la société.

 

NOUS, Ministres responsables du patrimoine culturel, INVITONS le Conseil de l'Europe :

 

-          à mettre sur pied un système de jumelage qui permette aux nouvelles organisations bénévoles voulant s'investir dans le patrimoine culturel d'être mises en relation avec celles déjà bien établies ;

 

-          assurer, par le biais de forums, des contacts réguliers entre organisations bénévoles oeuvrant dans le domaine du patrimoine culturel en utilisant, dans toute la mesure du possible, les structures existantes ;

 

-          à développer, au sein du  Réseau européen du patrimoine (HEREIN), un portail internet d'accès à un forum assurant un lien et une communication entre organisations bénévoles.

 

 


Annexe II

 

Liste des participants

 

 

I.          Liste des Ministres et Chefs de délégation

 

Albania/Albanie

 

M. Gezim HOXHA, Directeur de la Direction du Patrimoine Culturel, Ministère de la Culture

 

Andorra/Andorre

 

Mme Imma TOR FAUS, Ambassadeur de l'Andorre auprès du Conseil de l'Europe

 

Austria/Autriche

 

Mr Franz NEUWIRTH, Director at the Department of protection of monuments

Federal Ministry of Education, Science and Culture

 

Azerbaijan/Azerbaidjan

 

Mr Elchin EFENDIYEV, Vice Prime Minister of the Government

 

Belgium/Belgique

 

M. Robert SPROKKEL, Conseiller pour le patrimoine, Cabinet de Monsieur Michel Daerden, Vice-Président du gouvernement wallon

 

Bosnia and Herzegovina/Bosnie-Herzegovine

 

Mr Mitar NOVAKOVIC, Minister of Science and Culture of the Republic Srpska, Banja Luka

 

Croatia/Croatie

 

M. Antun VUJIC, Ministre de la Culture

 

Cyprus/Chypre

 

Mr Christodoulos CHRISTODOULOU, Minister of Interior

 

Czech Republic/République tchèque

 

Mr Zdenek NOVAK, Deputy Minister responsible for Cultrual Heritage

 

Denmark/Danemark

 

Mr Ole CHRISTIANSEN, Head of delegation

 

Estonia/Estonie

 

Ms Signe KIVI, Minister of Culture

 

Finland/Finlande

 

Mr Pekka KANGAS, Director General, Head of Department, Ministry of the Environment

 

France/France

 

M. Michel DUFFOUR, Secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle, Ministère de la Culture et de la Communication

 

Germany/Allemagne

 

M. Gerd HARMS, kultusminister des Landes Sachsen-Anhalt

 

Greece/Grèce

 

Mr Charalambos CHRISTOPOULOS, Ambassdor, Embassy of Greece, Ljubljana

 

Holy See/Saint Siège

 

H.E. Archbishop Francesco MARCHISANO, President of the Pontifical Commission for the Cultural Heritage of the Church

 

Hungary/Hongrie

 

Mr István ECSEDY, Deputy State Secretary, Ministry of Cultural Heritage

 

Iceland/Islande

 

Mr Björn BJARNASON, Minister of Education, Science and Culture

 

Italy/Italie

 

Mr Norberto CAPPELLO, Ambassador of Italy in Ljubljana, Slovenia

 

Latvia/Lettonie

 

Mr Aivars GAILIS, State Secretary, Ministry of Culture

 

Lithuania/Lituanie

 

Ms Ina MARCIULIONYTE, Vice-Minister of Culture

 

Luxembourg

 

M. Georges CALTEUX, Directeur du Service des Sites et Monuments Nationaux

 

Malta/Malte

 

Mr Anthony PACE, Director, Department of Museums

 

Monaco

 

M. Rainier ROCCHI, Directeur des Affaires Culturelles

 

Netherlands/Pays-Bas

 

Mr Willem J.H. WILLEMS, Director, Ministry of Culture

 

Norway/Norvège

 

Mr Jo Stein MOEN, Political Adviser, Ministry of Environment

 

Poland/Pologne

 

Mr Stanislaw ZUROWSKI, Secretary of State for Cultural Affairs

 

Portugal

 

Mr Joăo Eduardo Nascimento BAPTISTA, Secrétaire d'Etat de la Culture

 

Romania/Roumanie

 

Mr Ioan OPRIS, Secrétaire d'Etat chargé du patrimoine, Ministère de la Culture et des Cultes

 

Russian Federation/Fédération de Russie

 

Ms Natalia DEMENTIEVA, First Deputy Minister of Culture

 

San Marino/Saint Marin

 

Mme Marina FRESCHI, Secrétaire Particulière du Ministre

 

Slovak Republic/Republique Slovaque

 

Mr Milan KŇAŽKO, Ministre de la Culture

 

Slovenia/Slovénie

 

Ms Andreja RIHTER, Minister of Culture

 

Spain/Espagne

 

M. Guillermo KIRKPATRICK, Ambassadeur de l'Espagne auprès du Conseil de l'Europe

 

Sweden/Suède

 

Ms Marita ULVSKOG, Ministre de la Culture

 

Switzerland/Suisse

 

Mr David STREIFF, Directeur, Office fédéral de la Culture

 

The Former Yugoslav Republic of Macedonia/L'Ex-république yougoslave de Macédoine

 

Mme Gaka SAMOILOVSKA CVETANOVA, Ministre de la Culture

 

Turkey/Turquie

 

M. Fikret UCCAN, Sous-Secrétaire d'Etat, Ministère de la Culture

 

Ukraine

 

Mr Bohdan STUPKA, Ministre, Ministère de la Culture et des Arts

 

United Kingdom/Royaume-Uni

 

Mr Alan HOWARTH, Parliamentary Under-Secretary of State and Minister of Arts

 

Federal Republic of Yugoslavia/République fédérale de Yougoslavie

 

Ms Aleksandra JOKSIMOVIC, Assistant to the Minister 

 

II.        OTHER PARTICIPANTS/AUTRES PARTICIPANTS

 

Committee of Ministers of the Council of Europe/Comité des Ministres du Conseil de l'Europe

 

M. Pietro AGO, Ambassadeur, Représentant Permanent de l'Italie auprès du Conseil de l'Europe, Président du Comité des Délégués des Ministres

 

Parliamentary Assembly of the Council of Europe / Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe

 

M. Jacques LEGENDRE, Sénateur (France), Vice-Président de la Sous-Commission du patrimoine culturel

 

Mme Elena POPTODOROVA, Députée (Bulgarie)

 

Congress of Local and Regional Authorities of Europe (CLRAE)/Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux de l'Europe

 

Mr Louis ROPPE, Councillor and former mayor of the city of Hasselt, Belgium

 

Ms Hélène LUND, National Association of Local Authorities in Denmark

 

Development Bank of the Council of Europe/Banque de développement du Conseil de l'Europe (CEB)

 

M. Marcin RYBICKI, Ambassadeur de Pologne auprès du Conseil de l'Europe, Membre du Conseil de Direction

 

Observer states to the Council of Europe /Pays observateurs auprès du Conseil de l'Europe

 

Mexico/Mexique

 

Mr Sergio Raul ARROYO, Director General, instituto Nacional de Antropologia e Historia

 

Canada

 

Mme Sarmite BULTE, Députée, Secrétaire parlementaire du Ministre du patrimoine

 

International Organisations/Organisations internationales

 

UNESCO

 

Mr Damir DIJAKOVIC, United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation, Venice

 

ICOMOS

 

Mr Michael PETZET, Président 

 

EUROPA NOSTRA

 

Mr John SELL, Council Member

 

SECRETARIAT GENERAL OF THE COUNCIL OF EUROPE/SECRETARIAT GENERAL DU CONSEIL DE L'EUROPE

 

M. Hans Christian KRÜGER, Deputy Secretary General/Secrétaire Général Adjoint

 

M. Raymond WEBER, Director of Culture and Cultural and Natural Heritage/Directeur de la Culture et du patrimoine Culturel et Naturel

 


Annexe III

 

Lettre de Mme Andreja RIHTER, Ministre de la Culture de Slovénie, adressée à M. Hans Christian KRÜGER, Secrétaire Général Adjoint

(Original anglais)

 

 

 

Ljubljana, le 17 avril 2001

 

 

Cher Monsieur,

 

 

Lors de la 5e Conférence des ministres responsables du patrimoine culturel des Etats membres du Conseil de l'Europe, qui s'est tenue le 7 avril 2001 à Portorož, les ministres et chefs de délégation ont évoqué au cours d'une réunion informelle un certain nombre de questions relatives aux activités futures du Conseil de l'Europe dans le domaine du patrimoine culturel. 

 

Puisque vous avez dû quitter la conférence avant que cette réunion n'ait lieu, j'ai proposé de vous informer par courrier de nos principales positions communes et les ministres et chefs de délégation ont approuvé cette suggestion.

 

Les participants à cette discussion ont tout d'abord constaté que le Conseil de l'Europe était la seule organisation internationale gouvernementale oeuvrant à l'échelle européenne à s'intéresser aux questions de patrimoine culturel. Ils ont ensuite souligné le rôle capital que jouait le Conseil de l'Europe dans l'instauration de normes communes, le contrôle de l'application des conventions, la mise en place de bonnes pratiques et la participation, le soutien accordés à ces pratiques.

 

Ils se sont accordés pour dire que les résultats obtenus dans ce domaine devaient être analysés de façon plus détaillée et que les programmes d'activités et les priorités à venir devaient être axés sur les besoins des Etats membres et du Conseil de l'Europe. La priorité devrait être accordée en tout premier lieu à l'élaboration de programmes transversaux et de programmes qui renforcent la valeur des activités et évitent les chevauchements.

 

Les participants ont souligné à cet égard l'intérêt de rapports directs entre les organes du Conseil de l'Europe et les ministres spécialisés et, dans cette optique, l'importance et la valeur particulières des comités spécialisés. Ils ont tout spécialement salué les résultats obtenus par le Comité du patrimoine culturel et ont plaidé pour sa transformation en un comité directeur dépendant directement du Comité des ministres.

 

En outre, les conférences ministérielles ont été jugées positives pour contrôler les résultats et donner une orientation aux activités relatives au patrimoine culturel. Toutefois, les participants ont exprimé le souhait que les conférences aient des thèmes précis et contribuent ainsi à la résolution de problèmes spécifiques. Pour cela, elles devraient avoir lieu plus souvent, au moins une fois tous les deux ans. Les participants se sont aussi prononcés en faveur de rencontres régionales, tout en mettant en garde contre le risque éventuel de fragmentation.

 

Les participants ont apporté leur soutien à l'action du Conseil de l'Europe en tant que forum de coopération entre les pays, les gouvernements, les associations régionales, les collectivités locales et les organisations non gouvernementales. Ils ont déclaré que l'inscription à l'ordre du jour politique européen des questions de coopération culturelle et de patrimoine culturel devait constituer un objectif fondamental.

 

Auriez-vous l'obligeance, cher Monsieur, de transmettre cette lettre au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, M. Schwimmer, ainsi qu'au Comité des Ministres, conformément au souhait des ministres et chefs de délégation réunis lors de la 5e Conférence des ministres responsables du patrimoine culturel.

 

(formule de politesse)

 

 

 

 

                                                                                    Andreja Rihter

                                                                                    Ministre

 

 

 

 

M. Hans Christian Krüger

Secrétaire Général Adjoint

Conseil de l'Europe

F-67075 - Strasbourg - CEDEX


 

Annexe IV

 

Proposition de la délégation polonaise

 

 

Stanislaw Zurowski

Sous-secrétaire d'Etat

 

Varsovie, le 4 avril 2001

 

 

PROPOSITION VISANT À CONSTITUER UNE LISTE

DES SITES D'IDENTITE EUROPEENNE

 

 

Cette initiative ne vise en aucune manière à établir l'équivalent pour l'Europe de la Liste du patrimoine mondial culturel et naturel de l'UNESCO. Bien au contraire, elle s'inspire du Critère VI de la liste de l'UNESCO, que ses règles présentent comme un élément additionnel et supplémentaire.

 

[Critère vi.: (un bien culturel) directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des oeuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle].

 

Les principaux critères de la liste proposée devraient porter sur la valeur symbolique et spirituelle d'un site pour :

 

-           un pays membre du Conseil de l'Europe;

-           l'Europe dans son ensemble;

-           la combinaison des deux.

 

Exemples :

 

Le Centre de Krzyzowa, Pologne - lieu d'une haute valeur symbolique pour le mouvement allemand du 20 juillet, qui illustre tant la résistance au nazisme que la réconciliation de la Pologne et de l'Allemagne entreprise en 1989.

 

L'Acropole d'Athènes, Grèce - un symbole de la culture grecque et de la démocratie.

 

Stratford upon Avon, Angleterre - ville de Shakespeare, un symbole de la culture européenne et anglaise.

 

Les critères appliqués dans la Liste du patrimoine mondial, par exemple l'état d'un monument et sa nature immeuble (aucun bien mobilier, tel que les collections artistiques ou les archives précieuses, ne peut figurer sur la liste), etc. auraient une certaine importance sans être déterminants.

 

Justification

 

Face au processus d'unification de l'Europe, il est vital que les divers pays préservent leur identité et leur spécificité, et qu'ils se singularisent par leurs propres caractères distinctifs. La liste de sites d'un pays permettrait aux autres de présenter ce qui les distingue et marque leur identité.

 

D'autre part, la liste européenne, qui réunirait les sites proposés par les divers pays et conjointement reconnus comme des sites essentiels pour l'Europe, donnerait de l'Europe une image reflétant ses caractères distinctifs. Cette liste comprendrait de nombreux ensembles, villes, édifices et sites historiques, ainsi que des collections et des monuments dont l'importance pour l'Europe est incontestable, même s'ils ne figureront sans doute jamais sur la Liste du patrimoine mondial.

 

La Pologne est disposée à s'atteler à la définition des principes directeurs d'une telle liste et, par la suite, à participer à son élaboration.

 

 


Annexe V

 

 

Ordre du jour de la Conférence

 

 

Vendredi 6 avril

 

10h00  Ouverture officielle de la Conférence

 

Allocutions de :

 

            M. Hans Christian KRÜGER,

            Secrétaire Général Adjoint du Conseil de l'Europe

 

            M. Pietro Ercole AGO,

            Ambassadeur

            Vice-Président des Délégués des Ministres

 

            M. Jacques LEGENDRE

            Représentant de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe

           

10h30  Présentation du thème général :

 

« Le patrimoine culturel et le défi de la mondialisation »

 

par Mme Andreja RIHTER

            Ministre de la Culture de Slovénie

 

11h30  1er thème

 

« Patrimoine et dynamique de marché »

 

Débat

 

15h00  2e thème

 

« Patrimoine, dialogue et cohésion »

 

Débat

 

16h30  3e thème

 

« Patrimoine, participation et partenariat »

 

Débat 

 

Samedi 7 avril

 

9h30    Rencontre informelle et libre discussion des Ministres

 

11h00  Séance de clôture

 

12h00  Conférence de presse



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