24ème Session du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (19-21 mars 2013)

      « Développer la participation active des citoyens » : le débat met l’accent sur le rôle de la coopération dans le développement personnel

      Strasbourg, 19.03.2013 - Lors de la 24e session, le 19 mars 2013, Blanca Solans Garcia, Directrice générale pour la participation citoyenne en Aragon (Espagne), a déclaré en ouverture du débat que pour combattre la défiance des citoyens vis-à-vis des institutions, l’Aragon renforce la démocratie au moyen d’une citoyenneté active – laquelle est devenue une véritable obligation légale – dans le cadre de trois domaines d’action. La participation, parce qu’elle fait primer le bien commun sur les intérêts individuels, conduira à l’acceptation des actions publiques de la part de la société. L’Aragon promeut une nouvelle culture politique de transparence, conçue comme un élément essentiel pour garantir une participation réelle et effective.

      Katharina Wallenborg, conseillère municipale de Huddinge, en Suède, s’inquiète du fait que le faible nombre de citoyens actifs affecte parfois la qualité de la démocratie. Afin de remédier à ce problème, un guide sur la participation a été écrit, proposant aux citoyens de Huddinge des conseils clairs et concrets sur la citoyenneté active. Les travaux menés dans cette ville incluent par exemple des programmes destinés aux aires de jeu, la coopération avec l’enseignement supérieur et l’utilisation d’internet et des médias sociaux, mais aussi la prise en charge des personnes âgées et un plan-cadre pour Huddinge jusqu’en 2030.

      Bien que la citoyenneté semble être liée à la culture, des initiatives identiques s’observent dans tous les Etats membres du Conseil de l’Europe. Cependant, une infrastructure de la connaissance est nécessaire pour garantir la croissance et des deuxièmes et troisièmes possibilités de développement personnel. L’âge et l’expérience ne devraient pas être un obstacle à l’acquisition de nouvelles connaissances, mais servir au contraire d’outils pour la participation active. Même si la participation citoyenne pose plus de problèmes dans certains Etats membres, du fait de leur histoire, il est urgent pour tous les pays de renforcer le niveau de connaissance au niveau local, en tant que facteur important pour la citoyenneté active. La jeunesse et l’éducation sont deux aspects essentiels de ce point de vue, car elles sont à la base d’une culture éclairée.

      Le débat s’est poursuivi avec Joe Irvin, Directeur exécutif de NAVCA, qui a souligné l’impact du troisième secteur (les associations, les organisations caritatives et les groupes à but non lucratif) pour l’engagement des citoyens en Europe. Les citoyens créent des organisations caritatives, de leur propre initiative, pour défendre des causes auxquelles ils sont attachés. La plupart d’entre elles sont de petites organisations créées à l’échelle locale, ce qui leur permet de se faire l’écho des sentiments et de l’évolution de la population. Cette interaction étroite leur donne une vaste connaissance des besoins des usagers des services publics, les exemples cités étant ceux de la santé mentale et de l’aide aux toxicomanes. Les organisations caritatives représentent souvent la manière la plus économique de proposer un service. Elles sont aussi considérées comme le moyen le plus fiable pour transmettre aux pouvoirs publics un message des citoyens.

      Malgré cela, l’action de ces organisations est compromise du fait du faible niveau et de la précarité de leurs ressources publiques. Celles-ci sont pourtant affectées de manière judicieuse, si l’on pense à leur utilité pour la société. Il devrait en effet être tenu compte, pour l’affectation de ressources publiques, de la valeur sociale ajoutée d’une organisation caritative ou d’un autre prestataire de services, l’engagement des citoyens étant lui-même l’un des aspects de cette valeur sociale. Face aux défis futurs, il est indispensable que les pouvoirs publics, le troisième secteur, les citoyens et le monde économique unissent leurs efforts.

      Enfin, le secteur de la jeunesse souligne son rôle en Europe et dans le monde pour remédier aux inégalités sociales et promouvoir l’inclusion sociale et l’accès aux droits sociaux. Les initiatives locales entreprises par et pour les jeunes sont par exemple les suivantes : l’aide à la recherche d’un logement à Edimbourg, l’éducation en Ukraine, ou la sécurité et la vie sociale au Brésil. Tendre simplement la main à quelqu’un, lui accorder son attention, telles sont les valeurs fondamentales qui inspirent ces actes de gentillesse et de dévouement. La participation – encore modeste mais vivement appréciée – des jeunes prouve que l’âge ne doit tenir aucune place en matière de citoyenneté. Le secteur de la jeunesse recommande par ailleurs que le Congrès et ses membres encouragent la participation et l’inclusion des jeunes populations locales en leur donnant un lieu où elles puissent découvrir et faire avancer la citoyenneté active.



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