Andreas Kiefer : « Le Congrès est étroitement associé aux priorités de la présidence albanaise sur la démocratie locale »

    « Les activités du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux s’inscrivent systématiquement dans le cadre d’un partenariat étroit avec tous les niveaux de gouvernance. Cela passe par un travail conjoint avec les autres services opérationnels et instances du Conseil de l’Europe, mais également par une coopération directe avec les gouvernements des Etats membres du Conseil de l’Europe », explique Andreas Kiefer, Secrétaire Général du Congrès.

    Ainsi, dans le cadre de la présidence en cours du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, le Congrès s’est particulièrement mobilisé pour coopérer avec l’Albanie afin de promouvoir la démocratie locale et régionale sur son sol, et l’Albanie l’a, pour sa part, fortement associé à la mise en oeuvre de sa première présidence du Comité des Ministres. Cette coopération renforcée profite aux deux partenaires, se félicite Andreas Kiefer.

      Interview – 27.07.2012

      L’Albanie a intégré plusieurs des grands thèmes de travail du Congrès dans son programme pour la présidence du Conseil de l’Europe. Elle entend aussi promouvoir la démocratie territoriale auprès de ses citoyens : comment va-t-elle procéder ?

      Andreas Kiefer : Le Congrès a été pleinement associé à l’élaboration du programme de la présidence albanaise. En ce qui concerne la « visibilité de l’Europe », plusieurs conférences et séminaires sont programmés en Albanie et le Congrès y contribuera afin de faire connaître ses travaux et de partager son expérience en matière de démocratie territoriale. De plus, la Semaine européenne de la démocratie locale, que nous coordonnons chaque année dans plusieurs des 47 pays du Conseil de l’Europe, prendra un relief particulier en Albanie. Nous avons aussi fait traduire les textes-clé du Congrès - tels que la Charte européenne de l’autonomie locale, le Cadre de référence pour la démocratie régionale, etc - en albanais, afin de toucher les élus de toutes les collectivités, petites ou grandes. En effet, il est essentiel de promouvoir les principes de la démocratie territoriale dans la langue parlée sur le terrain, et donc d’aller au-delà des deux langues officielles du Conseil de l’Europe que sont l’anglais et le français.

      Dans le même temps, quel sera l’apport de l’Albanie aux grands programmes politiques du Congrès ?

      Andreas Kiefer : Plusieurs priorités du Congrès, partagées par les Ministres des collectivités locales qui ont rencontré le Congrès à Kyiv en novembre 2011, feront l’objet de séminaires et conférences durant la présidence albanaise : ces événements porteront sur la participation des citoyens à la vie politique locale et sur la promotion des droits de l’homme, mais aussi sur la coopération transfrontalière et sur les problèmes auxquels sont confrontés les pouvoirs locaux et régionaux en raison de la crise financière. En octobre, une conférence internationale fera le point sur le rôle de la décentralisation pour renforcer la démocratie et l’intégration européenne de l’Albanie. Dans ce contexte, il faut rappeler que la dernière visite de suivi du Congrès en Albanie remonte à 2006, mais que la prochaine est prévue pour la fin de cette année. Cette visite permettra au Congrès de mesurer les développements et de proposer des recommandations. En effet, le suivi de la démocratie territoriale, effectué environ tous les 5-6 ans, permet d’évaluer les progrès accomplis, mais également d’identifier les difficultés pour contribuer à les résoudre. Toutefois, il est important de souligner que le travail du Congrès ne s’arrête pas avec l’adoption de recommandations; il se poursuit par un soutien et une coopération avec les autorités nationales et territoriales grâce à des plans d’action et des mesures concrètes.

      En 2011, le Congrès a proposé de soutenir l’Albanie afin d’y restaurer le dialogue entre les différents partis politiques au niveau local. L’enjeu était aussi de les aider à parler d’une même voix pour y promouvoir la démocratie et l’autonomie locales. Ces efforts sont-ils en train de porter leurs fruits ?

      Andreas Kiefer : Après l’observation des élections locales de mai 2011, nous avons œuvré pour restaurer le dialogue entre les maires issus de partis différents, et pour leur faire prendre conscience que l’intérêt local et communal devait primer sur l’intérêt partisan lorsqu’il s’agit d’établir un dialogue structuré et des consultations formelles avec le gouvernement national. Ce programme de coopération, soutenu notamment par la Suisse, illustre bien les nouvelles méthodes de travail du Congrès, issues de sa réforme : nous pouvons désormais faire un réel suivi de nos recommandations et travailler au plus près des besoins du terrain. Le Président et plusieurs membres du Congrès sont allés à la rencontre des élus locaux albanais pour dialoguer avec eux, et une association nationale des élus locaux est en train de voir le jour. Nous espérons d’ailleurs que l’Albanie retrouvera prochainement une délégation active au sein du Congrès, ce qui n’avait plus été possible ces dernières années en raison des difficultés portant sur sa composition.



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