Ian Micallef : « Les droits de l’homme doivent s’appliquer aussi au niveau local et régional »

      Dans le cadre de la réforme du Congrès et du recentrage de ses priorités, Ian Micallef, Président en exercice du Congrès, rappelle la nécessité de promouvoir les politiques des droits de l’homme au sein des villes et des régions. « L’examen de la situation des droits de l’homme au niveau local pourrait être intégré dans les rapports réguliers de monitoring du Congrès» explique-t-il.

      Interview – 12 août 2010

      Question : La réforme du Congrès prévoit d’intégrer le respect des droits fondamentaux dans ses programmes de monitoring. Concrètement, comment allez-vous procéder?

      Ian Micallef : Le Congrès considère que le respect des droits fondamentaux n’est pas du seul domaine des Etats nationaux, mais doit s’observer aussi aux échelons local et régional. Parfois, des droits qui sont garantis au niveau national ne sont pas appliqués au niveau local, par exemple en matière de respect de la personne. Dans nos futures actions de monitoring, nous nous assurerons donc que ces droits s’appliquent véritablement à l’échelon local, sans discrimination. Nous devons, pour cela, travailler avec toutes les instances pertinentes du Conseil de l’Europe en la matière et notamment avec le Commissaire aux Droits de l’Homme.

      Question : Comment comptez-vous inclure cette dimension des droits de l’homme dans le processus de monitoring?

      Ian Micallef : Le Congrès est chargé d’évaluer l’application de la Charte européenne de l’autonomie locale. Il réalise ce monitoring à travers des visites de suivi dans les Etats membres du Conseil de l’Europe, puis élabore des rapports qui sont adressés au Comité des Ministres. L’examen de la situation des droits de l’homme au niveau local pourrait donc être intégré, le cas échéant, dans ces rapports réguliers. D’autant plus que, comme nous avons également décidé de développer le monitoring au rythme d’un rapport et d’une recommandation par pays tous les cinq ans, il sera plus simple de suivre l’évolution des droits fondamentaux. Dans le même temps, nous voulons inciter les pouvoirs locaux et régionaux à s’impliquer de plus en plus dans la promotion des droits de l’homme à leur niveau.

      Question : A l’heure où l’enthousiasme pour la construction européenne semble marquer le pas chez les citoyens européens, comment restaurer leur intérêt pour les politiques européennes locales et régionales ?

      Ian Micallef : Nous devons mieux prendre en compte les attentes de nos concitoyens. Au niveau local, les gens veulent une administration efficace, cela veut dire, par exemple, une bonne politique du logement, une stratégie pertinente pour la création d’emplois, une approche locale concernant les énergies renouvelables etc. Nous devons aussi leur montrer que l’Europe permet la subsidiarité, c'est-à-dire la prise des décisions au plus près des gens, et appliquer ces politiques. C’est pourquoi je suis convaincu que nous devons mieux utiliser le Conseil de l’Europe dans la promotion des grandes valeurs démocratiques et humanistes, et dans la transcription concrète de celles-ci.



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