Antonio Ledezma : « La force des gouvernements locaux réside dans leur efficacité et dans la transparence de leur gestion »

      Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, a participé au débat sur le thème «Les défis de la démocratie locale dans le monde», organisé le 13 octobre, lors de la session plénière du Congrès.

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      Quelles sont les défis de la ville de Caracas en matière de démocratie locale?

      Le défi le plus important est de trouver des solutions, c'est-à-dire, de gouverner avec efficacité. La force des gouvernements locaux réside dans leur efficacité, leur proximité envers les citoyens, leur possibilité de travailler près de la population. Pour cela, il faut que nous soyons des interlocuteurs reconnus afin de travailler sans barrières et de donner des réponses satisfaisantes aux questions qui se posent. Il y a des obstacles qu’il faut surmonter, tels que la corruption, ce qui sera possible avec des gouvernements qui travaillent dans la transparence, qui réduisent les entraves, rendent compte en continu et qui ne se bornent pas à s’approcher des citoyens uniquement en campagne électorale. Nous ne devons pas avoir de complexes sur la globalisation des nations parce que nous devons faire notre propre globalisation avec les pieds sur terre,

       

      La démocratie locale promeut la participation citoyenne. Quelle est votre expérience dans une ville de 4 millions d’habitants?

      Premièrement, il faut une discipline dans notre travail ; deuxièmement, il faut avoir la vocation du service. Nous, les maires, devons savoir que nous n’avons pas les mêmes privilèges que les chefs d’Etat. Les gens me tutoient et ne m’appellent pas Docteur Ledezma, mais tout simplement Ledezma ; ils s'estiment en droit de me réclamer des solutions à leurs problèmes. Nous devons avoir la patience d’écouter et de comprendre les arguments de la population. Pour fortifier la démocratie, il nous faut promouvoir la participation. Et il n’y a pas de démocratie sans décentralisation et le vrai moteur de la décentralisation est le citoyen.

      Internet joue un rôle très important pour ce qui est du dialogue avec les citoyens. Qu’en est-il à Caracas?

      Le niveau d’accès à internet a augmenté de façon importante ces derniers temps. Nous nous sommes obstinés à créer des classes interactives dans toutes les écoles, pour que les enfants apprennent à se servir de ces ressources. Dans les quartiers défavorisés tels que La Bombilla, on me demandait auparavant des vélos et aujourd'hui des ordinateurs. Nous avons notre propre site internet, dans lequel nous venons de créér un site sur le bénévolat afin de former des professionnels de haut niveau pour travailler à la municipalité de Caracas. Par le biais d'internet il est possible d'améliorer le recouvrement des impôts, ou bien de permettre la participation d'un citoyen qui ne veut pas assister à une réunion, ou encore de présenter un projet qui pourra être financé par l'Union Européenne, la Banque interaméricaine du développement, la Banque Mondiale ou le gouvernement des Iles Canaries pour les espagnols habitant au Venezuela.

      Quelle est la politique de votre municipalité pour être plus proche des jeunes et pour intégrer les immigrants?

      Les immigrants constituent un groupe social important au Vénézuela. Lorsque j'étais le maire de Libertadores, une commune de Caracas, seul 12% de la population payait des impôts fonciers et une bonne partie de ces derniers étaient des immigrants. Pour ce qui est des jeunes, nous devons construire une ville pour toutes les étapes de la vie. Nous devons faire en sorte que les jeunes se réunissent à nouveau sur les places publiques et quittent les centres commerciaux où ils se réfugient aujourd'hui à cause de l'insécurité. Nous devons investir dans l’éducation et promouvoir l’image d’une jeunesse dynamique qui s'engage dans la ville.



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